| Ecrit par Betty RUBY,
le 20-09-2006 23:00
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Sur les 20 millions de Français considérés en surpoids, 6 millions sont carrément obèses. En 9 ans, on a pris 3,4 cm supplémentaires de tour de ventre. Ce phénomène récent est problématique et pas seulement en termes de santé publique
Toutes les régions sont touchées par l'épidémie (Photo : AFP)
Jusqu’ici, on croyait les Américains grands maîtres du surpoids. Nous, en France, on savait manger, on savait se tenir, on était élégant. Le mythe de la minceur diététique s’achève aujourd’hui face au poids des chiffres : en France, on dénombre près de six millions d'obèses. Ce qui représente 2.347.000 cas supplémentaires en moins de dix ans. Désormais, près de 20 millions de personnes sont considérées comme étant en "surpoids" dans l’Hexagone. Selon une enquête ObEpi rendue publique cette semaine, la population a grossi en moyenne de 2,1kg et grandit de 0,4cm. Plus angoissant : son ventre s'est arrondi de 3,4cm. "Toutes les générations sont touchées, mais on devient obèse de plus en plus tôt, ce qui fait craindre des conséquences plus importantes et plus précoces pour les jeunes générations", explique le Pr Arnaud Basdevant, spécialiste de la nutrition à l’Hôtel Dieu. Selon les analyses de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la fréquence de l'obésité est considérée comme une épidémie étroitement liée aux revenus. En clair, plus on est riche, moins on est gros : près de 19% des obèses disposent de moins de 900€ par mois, 18% entre 2.900 et 1.200€, contre moins de 5% à partir de 5.301€. La surcharge pondérale coûte à la sécu Ceci reste vrai quelle que soit l’origine géographique, même si le Nord reste la région la plus fortement touchée en 2006 (18,1%), suivie par l'Est (14,1%) et le Bassin Parisien (13,4%). Indépendamment des problèmes d’image et d’habillement que pose le surpoids au quotidien, les gros mettent leur santé en danger : un obèse a dix fois plus de risques d'être traité pour diabète, hypertension ou anomalies des graisses du sang qu'une personne de poids normal. "Ces trois facteurs de risques vasculaires mettent sa vie en danger", rappelle le Pr Basdevant. Si avant 45 ans, l’obésité progresse plus vite chez les femmes que chez les hommes, on voit de plus en plus de formes majeures d'obésité, les plus dangereuses pour la santé, en particulier chez les jeunes. Le système de santé doit donc s'attendre à accueillir de plus en plus d'obésités graves, y compris parmi les plus de 65 ans. Dans le monde, les gros sont plus nombreux que les affamés Réunis début septembre au dixième Congrès international sur l'obésité à Sydney, les experts ont conclu que les publicités pour les en-cas gras et sucrés devraient être proscrites. Car, il faudra s’y faire, le monde compte dorénavant plus d'obèses que d’affamés. L’OMS recense en effet un milliard d'habitants victimes d'excès pondéral, contre 800 millions de personnes ne mangeant pas à leur faim… Les temps changent, c’est certain. Florence PENSONNI. (www.lepetitjournal.com) 21 septembre 2006
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