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Commencé comme un film sur la passion du vin, Mondovino, de Jonathan Nossiter, s'est retrouvé sélectionné en dernière minute en compétition officielle du Festival de Cannes 2004. En promenant sa caméra dans les vignes de trois continents, le réalisateur américain montre les énormes enjeux financiers qui se cachent dans les crus. Un documentaire culte à voir ou à revoir au Malba les 21 et 28 septembre.
Une réalité qui a laissé un goût de bouchon dans pas mal de vignobles, peu habitués à ce que l'on montre ainsi les coulisses viticoles et leurs enjeux financiers colossaux. Une réalité sur le monde du vin que Jonathan Nossiter a filmée pendant trois ans du Bordelais à la Bourgogne, de la Californie au Nordeste, de l'Italie à l'Argentine. Et ce réalisateur indépendant sait de quoi il parle: c'est un passionné de vin, sommelier (diplômé) à ses heures pour des restaurants new-yorkais. "Le vin est le seul produit qui ait autant de complexité qu'un être humain", affirmait-il à Cannes en présentant son film.
A travers images et interviews, son enquête montre les ravages de la mondialisation sur une culture millénaire, qui porte en corollaire une uniformisation du goût. Ou comment l'appât du gain conduit à de drôles de mélanges au fond des cuves. Mondovino laisse s'exprimer de vieilles familles de vignerons cherchant à préserver leurs traditions et défendant leur terroir. "C'est une bataille entre collaborateurs et résistants. Ce n'est pas entre la modernité et la tradition. Car on peut être moderne tout en respectant la tradition", dit Neal Rosenthal, importateur à New York.
On y rencontre aussi Michel Rolland, œnologue consultant influent, et Robert Parker, le critique américain redouté, dont les avis dans la revue The Wine Advocate ou dans ses guides ont valeur de sentence. Adeptes des vins jeunes et boisés, ils "dictent" leurs "bonnes" recettes aux vignerons, comme les barriques neuves qui transforment rapidement le goût et une mauvaise note en une bonne.
"Un vin qui mérite 19 sur 20, c'est une abominable connerie, ça n'existe pas! Le goût, c'est notre patrimoine!" affirme un des "résistants", Aimé Guibert, viticulteur du Languedoc. Le duo Parker-Rolland défend, lui, une haute valeur ajoutée technologique, corrigeant les défauts du vin.
Tout un programme... et une polémique qui n'est pas près de s'arrêter.
Laurence Rizet (www.lepetitjournal.com) - 19 septembre 2006 Mondovino, documentaire de 135 min de Jonathan Nossiter, jeudi 21 et 28 septembre à 22h au Malba, Av. Figueroa Alcorta 3415.
Coffret de quatre DVD, 10 épisodes, sortie le 21 septembre. |