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À l’occasion de la rentrée en Egypte, le petit journal du Caire a décidé de consacrer cette semaine à la question de l’éducation. Aujourd'hui, la parole est aux profs français venus enseigner en Egypte

L'enseignement français, privilège réservé à une petite élite (photo LPJ)
Baroudeurs aguerris ou jeunes débarqués, seuls ou en couple, profs ou instits, les enseignants français ont eux aussi repris le chemin des bancs d’écoles. Souvent dans de très bonnes conditions, dans un pays ou l’enseignement en français rime généralement avec privilège.
Alignés dans leurs uniformes impeccablement repassés, les jeunes élèves d’Elodie attendent sagement leur professeur. Mis à part la chaleur et l’appel à la prière en toile de fond, difficile de réaliser que la scène se passe en Egypte. D’ailleurs, quand Elodie arrive, c’est un grand "bonjour Madame !" qui fuse des rangs.
En poste ici depuis deux ans, cette jeune prof de français admet oublier parfois qu’elle travaille en Egypte. "On travaille en français et on applique le même système qu’en France. Pas grand-chose ne nous rapproche de l’Egypte ici". Pourtant, les jeunes filles de son école confessionnelle sont exclusivement Egyptiennes. Mais "elles appartiennent à l’élite et si leurs parents les mettent ici, c’est justement pour éviter le système égyptien" Le système français garde la cote
Car le système éducatif en Egypte souffre d’une réputation désastreuse, avec ses classes surchargées, des professeurs sous payés, un manque de moyens et, surtout, la prédominance de l’apprentissage par cœur. En comparaison, l’enseignement français jouit toujours d’une sacrée cote.
"L’éducation à la française reste très réputée ici", confirme Sébastien, à peine débarqué dans un autre lycée du Caire. "Pour les parents, c’est une garantie de réussite". Pas question, pour autant, de renier les spécificités locales. "Même si l’on traite avec une certaine population en grande "demande d’Occident", nous privilégions le biculturalisme, en accord avec la culture arabo-musulmane."
"La société égyptienne reste ce qu'elle est"
Professeur dans un des établissements les plus huppés du Caire, Pascal relativise : "nos élèves font partie de l’élite et ils en ont clairement conscience, c’est vrai. Mais ils sont loin, encore, des élèves de leur âge en France. La maîtrise de la langue française est une chose, l’esprit critique et la liberté de pensée en sont une autre. Et en dehors de la cour d’école, la société égyptienne reste ce qu’elle est : une société relativement fermée, pas très permissive, encore ralentie par le poids des traditions et des religions."
Arnaud Saint Jean (http://www.lepetitjournal.com) 20 septembre 2006 |