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À l’occasion de la rentrée en Egypte, le petit journal du Caire a décidé de consacrer cette semaine à la question de l’éducation. Aujourd'hui, une interrogation : quelle place le français occupe-t-il dans le système éducatif égyptien ? Réponse avec Bernard Platel. Cet enseignant détaché du ministère de l’éducation français travaille pour le développement de l’enseignement du français dans les écoles publiques égyptiennes

Bernard Platel (photo LPJ).
Le Petit Journal : L’Egypte est une vieille terre de francophonie. On peut donc supposer que le français tient encore une place importante dans le système éducatif ?
Bernard Platel : C’est le cas, mais à condition d’apporter une distinction essentielle. Car il existe en Egypte deux circuits différents d’enseignement de notre langue. D’un côté, une francophonie d’élection, venant des couches plutôt favorisées de la société égyptienne qui cherchent à éviter le système public d’enseignement. Ces familles mettent leurs enfants dans les écoles françaises grâce à leur bonne réputation. De ce fait elles maintiennent l’attachement au français. Ce sont des établissements qu’il nous faut chérir, mais ils ne représentent qu’une infime frange de la réalité. Car de l’autre côté, vous avez les 17 millions d’égyptiens scolarisés dans le système public. Pour eux l’enseignement du français passe un peu à la trappe.
Le Petit Journal : Comment ces élèves scolarisés dans le public apprennent-ils le français ?
Bernard Platel : Environ un million sept cent mille lycéens étudient le français comme seconde langue en Egypte. Cela correspond à 10% des enfants scolarisés, c’est peu. Mais le français reste la langue la plus importante après l’anglais, enseigné lui dès le primaire. Les lycéens disposent de deux années pour apprendre le français, dans ce qui équivaut aux classes de seconde et de première. Concrètement, cela signifie onze mois d’apprentissage, dans des conditions très difficiles, avec des classes de quarante élèves en moyenne. Dix mille professeurs enseignent le français dans ces écoles publiques.
Le Petit Journal : Quelles solutions préconisez vous pour améliorer l’enseignement du français dans les établissements publics égyptiens ?
Bernard Platel : Une solution serait de déplacer l’enseignement du français dès le collège. Cela permettrait d’avoir cinq années d’enseignement au lieu de deux. C’est réalisable dans la situation actuelle car la majorité des profs de français est en situation de sous service. Par ailleurs nous avons mis en place le programme "Formedia – Egypte". C’est un programme intensif de formation continue destiné aux enseignants des écoles gouvernementales égyptiennes.
Propos recueillis par Guillaume de Dieuleveult (www.lepetitjournal.com)
mardi 19 septembre
2006
Du français pour tous dans l’Egypte de demain C’est la devise de Formedia-Egypte, ce programme de formation des professeurs des écoles gouvernementales égyptiennes. Partant du constat que les conditions d’enseignement du français font perdre aux professeurs une partie de leurs compétences, il vise plusieurs objectifs : - Améliorer la pratique linguistique des enseignants, - Former de nouveaux assistants pédagogiques, - Rénover les objectifs et méthodes de formation, - Préparer la réforme des cursus de langue. Il est proposé à travers l’Egypte, via un site Internet et des cours donnés par visioconférence. (LPJ - 19/09/06)
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