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Depuis
deux ans, sous la houlette de son directeur Ahmed Al Maghraby, Makan
travaille avec ténacité pour sauvegarder une musique parfois
millénaire. Cette salle de concerts réussit à ne pas tomber dans le
piège de la folklorisation

Tout l'esprit de la musique égyptienne, dans une ambiance chaleureuse (photo Ecca).
La musique traditionnelle égyptienne s’est trouvée un nouvel asile. Au beau milieu du Caire, place Saad Zaghloul, Makan est une salle de concerts discrète. La porte, légèrement en contrebas, donne sur une pièce ombragée et fraîche.
Le silence, contrastant avec le vacarme du dehors, est rythmé par les brasseurs d’air qui tournent au plafond. Dans la pénombre, on devine trois grands tambours couverts de peau de chèvre. Deux fois par semaine, ils rythment les concerts organisés ici. Attention, Makan n’est pas une attraction touristique de plus. Le programme du "Centre Egyptien pour la Culture et l’Art" (ECCA) est à la fois beaucoup plus simple et beaucoup plus ambitieux que celui d’un simple cabaret. Il s’agit de redonner ses lettres de noblesse à la musique traditionnelle égyptienne, en évitant le piège de la folklorisation. "Mais en montrant qu’il s’agit d’une musique toujours vivante", précise Ahmed El Maghraby. Ce passionné de musique consacre son temps à la sauvegarde des airs traditionnels égyptiens. C’est dans ce but qu’il a fondé Makan avec pour objectif d' "enregistrer et stocker la musique traditionnelle. Ou de former de jeunes musiciens à des instruments millénaires et en voie de disparition, comme l’arghoul" — un des plus anciens instruments à vent connu)."
Musique intimiste
Pour déceler les artistes oubliés et les trésors qu’ils dissimulent dans leurs vieux instruments Ahmed El Maghraby a mis au point une méthode de recherche : une grille lui permet de distinguer une musique traditionnelle d’une autre. Impératifs essentiels : la musique ne doit pas être de compositeur connu et elle doit avoir été perpétuée au moins par trois générations. Mais ces activités n’auraient pas de sens sans les concerts. Il fallait donc un contexte s'approchant au plus près de la tradition. C’est dans cet objectif que la salle de concert Makan a été conçue. "Il nous fallait un endroit petit et agréable. La musique égyptienne est très intimiste et ne doit pas être regardée de loin. Il faut de la chaleur et de la convivialité pour l’apprécier. Ici, on ne regarde pas le spectacle, on le vit !" s’enthousiasme Ahmed El Maghraby. Et pour continuer le chemin, l’ECCA ouvre de nouvelles portes à ces musiques. Des rencontres avec des musiciens comme Bumcello ou Toma Sidibé ont été organisées. Cet été, Makan est également parti en tournée en Italie. Guillaume de Dieuleveult (www.lepetitjournal.com) mercredi 13 septembre 2006
Mozart était Egyptien ! Avec plus de 70 000 albums écoulés depuis son lancement en 2005, le deuxième volume de "Mozart l’Egyptien" suit les traces de son grand frère. Le premier volume sorti en 1998 avait été vendu à 300 000 volumes. Ce disque est le fruit de la collaboration d’Hugues de Courson, musicien français avec Ahmed El Maghraby. Inspiré d’airs de Mozart, il glisse avec bonheur vers des mélodies et des rythmes orientaux.
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