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Entre solennité et festivité, s’est tenue hier la cérémonie de distribution du prix Euro-med de journalisme pour la diversité culturelle. Le premier de son genre dans la région grâce à l’initiative de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures en partenariat de la Fédération Internationale de Journalisme. De notre correspondante à Alexandrie

Les quatre lauréats. Le prix est destiné à favoriser le dialogue interculturel (photo LPJ). Dans la petite salle de conférence au deuxième étage de l’institut suédois à Alexandrie, s’entassent et se côtoient des visages de toutes les couleurs. Dans ces discours à la file et cette audience attentive, des slogans retentissants comme "Diversité Culturelle", "Dialogue interculturel", "respect des races et des religions", "Liberté d’expression" ne sont plus des expressions abstraites vidées de sens. Du moins pas pour les 4 lauréats qui ont remporté le prix. Deux d’entre eux viennent de pays du Nord : Belgique et Italie ; et deux du Sud : Egypte et Israël.
Dans leur article, chacun d’eux a voulu partager avec les lecteurs une riche expérience qu’ils ont vécue. "Je peux bien dire que mon article est l’exemple concret du dialogue interculturel", affirme fièrement Hugues Dorzée. Atterrissant en décembre 2005, à Istanbul pour un stage de deux semaines, il devait faire son reportage sur la Turquie. Un pays pour lequel les aspects négatifs répandus en Europe s’accumulent déjà dans sa tête de "journaliste Belge de mère française, citoyen européen laïque". Hugues a découvert une Turquie qui "ne mérite pas les jugements négatifs", alors que "l’occident donne beaucoup de leçons au monde musulman alors qu’il doit en apprendre de lui".
S’installant durant deux mois entier dans le village "Umm Al-Fahm", Yoav Stern, journaliste israélien, quant à lui, a pris en charge de transmettre à ses lecteurs juifs la vie quotidienne d’une cette minorité arabe méconnue, "jugée intégriste". Vivant en Israël il a dû supporter une réaction controversée. "J’ai découvert que la ville est comme toute autre ville, avec des gens bien qui m’ont généreusement accueilli. Ce sont des choses que tu découvres quand tu veilles avec les gens, tu parles avec eux et tu découvres comment ils pensent réellement". Un effort salué par cette remise de prix.
Un coup de pouce aux jeunes journalistes
Pourtant, ce dernier n’est pas prêt-à-porter : il consiste en un tour de 10 jours, prévu en Novembre dans 4 pays de la région méditerranéenne pas encore désignés. Les quatre lauréats, seront invités à découvrir, observer, rencontrer des gens et à écrire leur reportage. Ainsi, en décembre seront publiée leurs travaux traduits en trois langues : anglais, français et arabe. Des reportages qui seront distribués dans les 35 pays de la région.
Ce qui ne fait qu’accroître l’enthousiasme d’Annalisa Monfreda, jeune lauréate italienne "C’est une bonne occasion, car c’est toujours difficile pour une jeune journaliste comme moi de voyager pour rencontrer des gens et raconter leurs histoires, au moins maintenant je peux dire à mon chef de rédaction que quelqu’un d’autre va me le payer !" s’esclaffe la belle italienne.
L’objectif visé par la fondation avec ce premier prix, est de donner aux jeunes journalistes la chance de s’exprimer librement et de traiter des sujets de plus en plus sensibles.
A Alexandrie, Heba El Cheikh (www.lepetitjournal.com) 11 septembre 2006
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