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Face à l’explosion des exportations de textile chinois à destination de l’Europe, le secteur s’affole. Pour préserver les emplois, le ministre délégué à l’Industrie, Patrick Devedjian, a demandé à la Commission Européenne d’intervenir en urgence

Produits en grand nombre et à faible coût, les vêtements chinois inquiètent l'industrie textile européenne. (Photo : AFP)
Devant l’augmentation fulgurante des exportations de textile chinois, 13 pays de l’UE ont demandé à la Commission européenne de prendre des mesures d’urgence. Sous la pression de ces 13 Etats membres, la Commission européenne devrait donc déclencher une « clause de sauvegarde » prévue par l’OMC lors de l’adhésion de la Chine, et qui permettrait la limitation des exportations textiles.
Présente à l’OMC depuis 1994, la Chine a en effet vu ses quotas abolis à partir du 1er janvier 2005. Quelques mois après, les pays européens producteurs de textiles, tels la France, l’Italie ou le Portugal, se trouvent au pied du mur. Il semble en effet difficile de se heurter avec le 1er partenaire commercial de l’UE, et cependant un secteur entier de l’économie, le textile, est en jeu. La Chine avait averti Bruxelles, la semaine dernière, que pour acheter un Airbus, elle devait vendre 20 millions de chemises. On comprend le message… Le ministre chinois du Commerce, Bo Xilai, a par ailleurs affirmé hier que son pays « est fermement opposé aux limitations imposées par d’autres pays ».
Cinq fois plus de pulls chinois et des milliers d’emplois en moins
Le prix à l’exportation des pull-overs chinois aurait, selon Guillaume Sarkozy, vice-président du MEDEF et président de l’Union des industries textiles (UIT), diminué de 50%. Il dénonce une « stratégie d’Etat » de la part de Pékin, qui seule permettrait une telle baisse des prix et donc une concurrence déloyale. La CFTC quant à elle, met en évidence les conditions de travail dans l’Empire du milieu.
Quoi qu’il en soit les conséquences sociales en France promettent d’être tragiques. Qu'elles se montent à 7.000 comme le prévoit Patrick Devedjian, 15 à 20.000 pour Guillaume Sarkozy ou 24.000 selon la CGT, les pertes d’emplois en 2005 ne vont pas se faire attendre. Le secteur du textile, qui compte aujourd’hui 150.000 employés, a déjà perdu 17.000 postes l’an passé. Si certains voient dans ce soudain affolement les conséquences du manque d’évolution depuis 1994 de l’industrie textile française, il n’en demeure pas moins que la Chine entend ouvertement devenir le grand leader du commerce mondial. Et plus d’un milliard de Chinois sous-payés représentent une concurrence difficile à appréhender.
Aurélie MARCILLAC. (LPJ) 26 avril 2005
Les neuf produits incriminés par Patrick Devedjian
L’explosion des importations pour la France concerne principalement neuf produits textiles avec en tête les pull-overs chinois (plus 534% pour le premier trimestre 2005 par rapport à la même période en 2004), les pantalons pour homme (plus 413%), le lin tissé (+257%), les chemises (+186%), les bas et chaussettes (+183%), les manteaux pour femmes (+139%), les soutiens-gorge (+63%) et le fil de lin (+51%). Aujourd’hui les deux tiers des soutiens-gorges vendus en France sont chinois. (LPJ - 26 avril 2005)
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