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Pour sa 12e édition, la "journée du cri" a réuni plusieurs milliers de Brésiliens dans les rues le 7 septembre. Cette manifestation, qui gagne en ampleur chaque année, met en lumière la lutte contre la pauvreté, la corruption, et pour de meilleures conditions de vie des citoyens
Le "grito dos excluidos" n’est plus un simple petit mouvement. Jeudi de la semaine dernière, pour sa 12e édition, il a rassemblé des milliers de Brésiliens à travers tout le pays. Rien qu'à São Paulo, plus de 10.000 personnes se sont mobilisées pour faire valoir leurs droits, réclamer de meilleures conditions de vie pour tous les citoyens et, surtout, pour dénoncer la corruption présente dans le gouvernement. Lancée par des associations mais aussi par l’Eglise progressiste catholique, la "journée du cri" est organisée le 7 septembre, journée mémoire de l’Indépendance du Brésil, dont "le cri" ("o grito"), est un symbole. Les célébrations ont débuté à São Paulo par une messe dans la cathédrale, suivie d'une marche de quatre kilomètres jusqu’au parc de l’Indépendance, où les manifestants se sont retrouvés. A Aparecida do Norte, dans l’Intérieur de São Paulo, une grande marche a également eu lieu. La ville, qui est à l’origine du "grito dos excluidos", a cette année mis l’accent sur les citoyens sans emploi. Un cri qui porte au delà des frontières "Ce sont 12 années de cris, mais 500 ans d’exclusion, d’une culture de soumission. Pour cela, plus que jamais, le travail de base est nécessaire. Nous voulons construire un projet pour un Brésil populaire. Il ne suffit pas d’être indigné. Nous devons nous organiser pour nous politiser, pour devenir un mouvement. Pour que chaque personne qui entre au "grito" entre en tant que sujet et protagoniste. C’est ça la lutte", explique Alberti, coordinateur du "grito da exclusão". L’archevêque de São Paulo, Dom Cláudio Hummes, a profité de cette journée pour condamner la corruption latente du gouvernement, qu'il a qualifiée de grave pêché. "Nous ne devons pas voter pour ces corrompus", a-t-il lancé pendant la messe qu’il a tenu dans la matinée, sans pour autant citer de partis politiques, mais en soulignant les cas du "mensalão" et des "sanguessugas". Le 12 octobre prochain, d'autres pays d’Amérique latine doivent reprendre le principe du "cri". Chaque Etat aura ses priorités : les revendications iront de la lutte contre la faim (Panamá) à la réafirmation de l’identité du peuple (Bolivie), en passant par l'opposition aux traités de libre-échange (République dominicaine). Julie LE PHUEZ. (www.lepetitjournal.com São Paulo) 14 septembre 2006
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