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Tous les samedis, le quartier de l’ancienne gare de Buenavista, dans la délégation Cuauhtémoc, accueille l’un des marchés les plus singuliers du Distrito Federal : le tianguis del Chopo. Un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux de culture underground et branchée
Pour la jeunesse underground de Mexico, le Chopo est une véritable messe (Photos : LPJ)
Pour ses aficionados, il est un rendez-vous à ne rater sous aucun prétexte. Pour ses détracteurs, une source de désordre et de raffut. Le tianguis del Chopo, carrefour des contre-cultures et des modes underground de la capitale, est sans doute le plus polémique et le plus singulier des marchés du Distrito Federal. Situé a proximité de l’ancienne gare de Buenavista, au cœur de la délégation Cuauhtémoc, le "Chopo" – comme le surnomment affectueusement ses habitués – a vu le jour en 1980, à l’initiative d’un groupe d’étudiants de la UNAM. Objectif de l’époque : proposer un lieu de vente, d’achat et d’échange de disques échappant aux circuits mercantiles traditionnels. Et plus généralement, créer un rendez-vous hebdomadaire pour la jeunesse branchée de la capitale. Punks, gothiques, rastas, métalleux…
Concept novateur, esprit en phase avec la jeunesse de l’époque… Dès les premières semaines, le succès est au rendez-vous : les vendeurs et acheteurs sont si nombreux que le marché se trouve vite à l’étroit. Installé à l’origine sur le trottoir du Musée universitaire du Chopo (d’où son nom), il doit déménager à plusieurs reprises, en raison de l’hostilité du voisinage à ces rassemblements bruyants et animés. De lieu d’accueil en lieu d’accueil (un parking de la colonia San Rafael, une esplanade de la faculté d’architecture de la UNAM, l’Alameda Santa Maria la Ribera…), il finit par atterrir en 1989 dans la rue Aldama, où il se trouve toujours. Depuis les premières années libertaires et anarchistes, le temps a passé, mais le tianguis del Chopo n’a rien perdu de son côté alternatif. Chaque samedi, des milliers de jeunes venus des quatre coins du DF se pressent dans ses allées et sur ses stands, en quête de disques ou de bibelots en tous genres. Punks, gothiques, skateurs, rastas ou métalleux… Toutes les "tribus urbaines" de la capitale, ici, ont droit de cité – à une condition toutefois : avoir l’esprit rebelle et la cool attitude ! Voir et être vu
Les amateurs de crêtes, de tatouages et de piercings, ainsi, ne seront pas déçus. Entre les enceintes, d'où sortent des musiques les plus underground, et les vapeurs d’encens ou de mota, c’est un véritable défilé, où la règle d’or consiste à voir et être vu. Un petit carnaval en somme, où règne, chaque fin de semaine, une ambiance tonique et décapante. Autre qualité à mettre au profit du Chopo : ce marché recèle de petites merveilles. Vinyls, posters, vestes de cuirs, colliers cloutés, T-shirts branchés et gadgets en tous genres… Selon les dires, on déniche ici des objets introuvables ailleurs ! Enfin, et pour convaincre les plus réticents d’aller y faire un tour : de nombreuses manifestations culturelles et expositions "trashs" sont régulièrement organisées, en marge du marché. Pas toujours formidable certes, mais à coup sûr rigolo pour les amateurs de second degré. A bon entendeur… article de Valentin BONTEMPS. (www.lepetitjournal.com) publié le 28 juillet 2006
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