Une mobilisation sans précédent s’est organisée après le raz-de-marée du 26 décembre dernier en Asie. En France, entreprises et particuliers ont répondu présent à l’appel des différentes ONG qui ont immédiatement déployé leurs programmes d’aide dans les zones sinistrées. Du côté des entreprises, le montant total des dons est pour le moment difficile à évaluer. De nombreuses sociétés, comme Axa, Alcatel ou encore la Société Générale ont versé chacune plus d’1 million d’euros. Ces sommes risquent d’augmenter considérablement suite aux recommendations du Medef mardi dernier « d’amplifier les dons des entreprises vers les organisations internationales et non-gouvernementales ». En France et dans le monde entier, les particuliers ne sont pas en reste, puisque grâce à leur mobilisation, certaines ONG telles que Médecins Sans Frontières (MSF) et la Croix Rouge ont récolté respectivement 40 et 27 millions d’euros. Devant un tel élan de solidarité internationale, les dirigeants de MSF ont annoncé lundi 3 janvier qu’ils allaient suspendre la collecte de dons pour le financement de leurs programmes.
Décision hâtive ou respect des donateurs ?
Cette décision a aussitôt déclenché des réactions d’incompréhension de la part des autres ONG. Elles craignent en effet que cette annonce ne porte atteinte au financement de leurs propres programmes d’aide. Les responsables d’Action contre la Faim (ACF), qui a collecté 2 millions d’euros, redoutent un arrêt total des dons effectués par les particuliers. Les dirigeants de la Croix Rouge se sont également interrogés sur cette décision. Ils estiment que les opérations en Asie vont s’effectuer sur le long terme, et trouvent illogique de suspendre aussi rapidement la collecte de dons. Mais d’après Pierre Salignon, directeur général de MSF, il s’agit avant tout de rester honnête vis-à-vis du public étant donné que les opérations d’aide prévues par l’ONG sont déjà financées par les sommes récoltées.
Ces divergences mettent en lumière le mode de fonctionnement des différentes ONG : si la Croix Rouge et Action Contre le Faim inscrivent leurs actions sur la durée, MSF se consacre plutôt à l’aide médicale d’urgence, et ne participera donc pas aux programmes de plus long terme de reconstruction des villes et villages prévues par la Croix Rouge. Car pour Jean-Hervé Bradol, président de MSF, la reconstruction relève plus de l’aide publique au développement, et « appartient surtout aux Etats, à la Banque mondiale et au G8, non aux particuliers. »
Julie Samit. (LPJ) 06 janvier 2005
Minutes de silence
Les états membres de l’UE ont organisé mercredi trois minutes de silence à la mémoire des victimes du tsunami. La principauté de Monaco s’est également associée à cette journée de deuil, où de nombreux touristes et résidents se sont recueillis sur la place du palais.
Les drapeaux ont été mis en berne, et les activités se sont suspendues à partir de midi dans toute l’Union Européenne. Cet hommage a été massivement suivi par les citoyens européens, qui ont ainsi pu exprimer leur compassion et leur solidarité autrement que par des dons d’argent. Partout, des bouquets de fleurs ont été déposés aux grilles des ambassades des pays touchés par la catastrophe. Pour Renaud Denoix de Saint Marc, vice-président du Conseil d´Etat, ces actions symbolisent « l’expression tangible de la mondialisation de la douleur ». (LPJ - 6 janvier 2005)