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VATICAN - Benoît XVI : le conservatisme tranquille |
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Joseph Ratzinger, élu mardi à la tête de l’Eglise, a donné hier la première messe de son pontificat au Vatican, où il s’est montré rassurant. Le nouveau souverain pontife a profité de l’occasion pour exposer les orientations que prendront sa « mission »
Le pontificat de Benoît XVI sera-t-il placé sous le signe de la continuité ? (Photo : AFP)
Benoît XVI, tout fraîchement nommé au plus haut poste de l’Eglise catholique, semble s’être placé dans la continuité de Jean-Paul II. A ceux que son conservatisme inquiète, il a adressé une première messe rassurante, hier matin, dans la chapelle Sixtine. Pour bien faire comprendre qu’il se sent le digne l’héritier de Karol Wojtyla, il a évoqué leurs relations amicales, déclarant avec émotion qu’il croyait « sentir sa main » et l’entendre lui dire « n’aie pas peur ».
Le nouveau Pape a ensuite exposé les orientations de son pontificat, car les enjeux sont loin d’être minces. Parmi les dossiers brûlants de l’Eglise : la reprise d’un véritable dialogue avec orthodoxes et protestants, afin d’unifier la chrétienté. Mais Benoît XVI devra aussi gérer les relations avec juifs et musulmans. Sur ce sujet, il s’est dit « désireux de promouvoir la cause fondamentale de l'œcuménisme » et s’est déclaré prêt à poursuivre « un dialogue prometteur avec les autres civilisations ».
Le nouveau souverain pontife sera aussi confronté aux débats concernant les réformes doctrinales. Il devra notamment se pencher sur la question de la décentralisation du gouvernement de l’Eglise, sur les positions contre l’IVG, l’euthanasie ou le divorce, ou encore sur le mariage des prêtres et l’ordination des femmes.
Un Pape proche des jeunes
Pour l’instant, Joseph Ratzinger a préféré ne pas s'exprimer là-dessus. Il est peu probable que Benoît XVI s’éloigne de la ligne choisie par Jean-Paul II sur ces sujets. Les vaticanistes voient d’ailleurs dans le pontificat de Joseph Ratzinger une période de transition, plus qu’une véritable occasion d’entreprendre des réformes de fond.
Enfin, Benoît XVI devra faire face au déclin de l’Eglise catholique dans le monde, et tout particulièrement en Europe. Il a commencé à prendre les devants en adressant «une étreinte affectueuse» aux jeunes, affirmant qu’il souhaitait « continuer le dialogue avec (ses) chers jeunes gens ». Le hasard faisant bien les choses, il doit d’ailleurs les rencontrer cet été dans son pays d’origine, l’Allemagne, lors des journées mondiales de la jeunesse.
Benoît XVI n’a donc plus qu’à convaincre : il aura la lourde tâche de sortir de l’ombre de Jean-Paul II sans pour autant s’éloigner des positions du défunt Saint-Père.
Julie SAMIT. (LPJ) 21 avril 2005
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