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RENCONTRE - Point de vue d’Amos Gitai sur le conflit israélo-palestinien |
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jeudi 20 juillet 2006 |
En pleine recrudescence du conflit au Proche-Orient, le réalisateur israélien Amos Gitai est venu présenter sa trilogie documentaire Home, cette semaine, à Barcelone, dans le cadre du 8ème festival de cinéma juif. L’occasion, pour lepetitjournal.com, de recueillir un point de vue original sur le traitement médiatique classique du conflit
Amos Gitai lors d'une conférence de Presse à Barcelone (Photo LPJ)
Dans le cadre du 8ème festival de cinéma juif de Barcelone, qui se tient jusqu'au 23 juillet prochain dans la capitale catalane, le réalisateur Amos Gitai est venu présenter cette semaine sa trilogie documentaire Home. Par ses travaux, le cinéaste dit vouloir décomposer l’image médiatique trop simpliste du conflit israélo-palestinien : deux blocs qui endossent chacun leur tour le rôle du méchant puis de la victime innocente.
Pour éviter les raccourcis faciles et les analyses simplistes, Amos Gitai s’intéresse, depuis toujours, aux habitants et non aux hautes autorités. Et, à ce niveau, il voit aujourd’hui une chose nouvelle et encourageante : Israéliens et Palestiniens commencent à réaliser leur présence respective. Ils doivent désormais réaliser qu’ils ont une mémoire commune sur un même lieu. Et, c’est ce à quoi Amos Gitai travaille avec Home, "trilogie biographique" d’une maison de Jérusalem anciennement habitée par des Palestiniens, puis passée aux mains de propriétaires Israéliens.
Une définition activiste de l’optimisme
Amos Gitaï se veut donc optimiste, tout en reconnaissant qu'il s'agit là d'une attitude volontariste. "L’optimisme est une projection de la volonté humaine dans une situation", assure-t-il. Volontaire, cette posture devient activiste. Amos Gitai aime son pays, même s’il "hait certaines choses qui sont faites en son nom ou avec lui". Et, c’est pour cela qu’il joue l’agitateur en son propre pays.
La plupart de ses travaux, aujourd'hui, sont censurés par le gouvernement israélien. Cela ne l’ébranle en rien. Il y a certaines personnes à qui il préfère ne pas plaire, dit-il. En cette semaine commémoratrice du coup d’Etat de Franco - qu’il mentionne - il lâche : "Je pense que le politiquement correct est le pire des poisons".
Le thème du festival de cinéma juif de cette année à Barcelone était la maison, sa recherche, l’aspiration à se sentir quelque part chez soi. Amos Gitai cristallise autour de cette question, sa vision des relations israélo-palestiniennes.
Louise DAVID (www.lepetitjournal.com - Barcelone) 21 Juillet 2006
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