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VATICAN - Joseph Ratzinger, un Pape pas si benoît d'apparence |
Joseph Ratzinger a été nommé hier par le Conclave à la tête de l’Eglise catholique. Le nouveau Pape prend le nom de Benoît XVI. Connu pour ses positions fermes, le chef de file des conservateurs ne semble pas faire l’unanimité
Joseph Ratzinger a salué la foule peu de temps après sa nomination. (Photo : AFP)
Joseph Ratzinger est le nouveau Pape. Il a été élu au plus haut poste de l’Eglise catholique hier soir au Vatican, un jour à peine après l’ouverture du Conclave.
Cet Allemand de 78 ans, qui succède à Jean-Paul II décédé le 2 avril dernier, est le 265e Pape de l’histoire. Il est apparu sur le balcon de la basilique Saint-Pierre peu de temps après sa nomination, où il a pu procéder à sa première bénédiction « Ubi et Orbi » des fidèles.
Joseph Ratzinger, qui exercera désormais sous le nom de Benoît XVI, était l’un des proches de Jean-Paul II. Décrit par les vaticanistes comme le « gardien de la doctrine », il était à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, institution autrefois connue comme la Sainte Inquisition.
Le nouveau pontife est également célèbre pour son opposition à l’ordination des femmes, à l’entrée de la Turquie en Europe et au mariage des prêtes, et pour son rejet de l’homosexualité et du communisme. Sa fermeté sur de nombreux sujets rassure les conservateurs, en désaccord avec Jean-Paul II lorsqu’il s’était repenti des erreurs de l’Eglise.
Un Pape qui ne fait pas l’unanimité
De fait, la surprise était au rendez-vous lorsque la fumée blanche a annoncé l’élection du nouveau pontife. Car, si Joseph Ratzinger faisait partie des favoris, les spécialistes du Vatican ne pensaient pas qu’il ferait l’unanimité aussi vite. Et pour cause : il n’était à priori pas soutenu par les progressistes, qui penchaient plutôt pour quelqu’un souhaitant adapter la doctrine aux évolutions de la société.
Aussi, les réactions qui ont suivi la nomination étaient plutôt mitigées. Si Gerhard Schröder a souligné « l’honneur fait à l’Allemagne » à travers cette élection, de nombreuses personnalités ont exprimé leurs craintes.
Ainsi, le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a souhaité que « Benoît XVI oublie le conservatisme du cardinal Ratzinger ». Le pasteur Gill Daubé, membre de la Fédération protestante de France, a rappelé que Joseph Ratzinger « était l’homme qui refusait de reconnaître les autres Eglises », et que les protestants devraient « faire avec le Pape qui leur est donné ».
Prudent, l’abbé Pierre a fait montre de sagesse, déclarant que « les hommes changent avec les fonctions qu’ils occupent », et qu’il est impossible de « prévoir ce que sera ce Pape ».
Julie SAMIT. (LPJ) 20 avril 2005
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