Suite à l’accord
conclu entre les leaders chypriote grec et turc, le long processus
de réunification de Chypre semble, à nouveau, sur les rails. Le point
sur la situation d'une île constamment sous la lumière des projecteurs internationaux
Rencontre C. Karamanlis et T. Papadopoulos (Photo "Site officiel du 1er ministre"
Samedi 8 juillet, le secrétaire général adjoint de l’ONU, M. Gambari, le président de la République de Chypre, Tassos Papadopoulos et le leader chypriote turc, Mehmet Ali Talat, se sont réunis pour conclure un accord qui pourrait bien débloquer enfin la situation de l’île.
Selon les sources officielles, cet accord va dans le sens de la concertation et du dialogue, répondant au souhait de chacun de mettre fin à un statu quo qui dure depuis trop longtemps et nuit aux citoyens chypriotes du nord comme du sud.
Ainsi, des commissions d’experts seront mises en place dès la fin du mois et des discussions seront lancées pour tenter de résoudre parallèlement les questions substantielles et les questions concernant la vie quotidienne.
Points noirs
A l’issue de cette rencontre, T. Papadopoulos a tout de même déclaré que "les difficultés commenceraient lors des discussions sur les questions substantielles, ce qui permettra de faire apparaître dans quelle mesure les deux parties ont la bonne volonté de trouver les compromis nécessaires". La presse grecque, et notamment Eleftheros Typos rappelle d’ailleurs que pour M. Gül, le ministre turc des Affaires étrangères, le retrait des troupes turques et l’ouverture de la ville fermée de Famagouste sont des questions non négociables pour Ankara.
Athènes – Nicosie
Le président de la République chypriote, Tassos Papadopoulos s’est longuement entretenu, dimanche dernier, avec le premier ministre grec, Costas Karamanlis. Ce dernier s’est dit satisfait de l’accord conclu entre les trois parties et insiste également sur l’importance d’une coordination et d’une coopération continue entre Athènes et Nicosie.
En outre, il rappelle que la Grèce a toujours été favorable à la reprise des concertations pour la réunification de l’île et ce, dans l’objectif de trouver "une solution fondée sur les résolutions et décisions de l'ONU, prenant en compte la nouvelle conjoncture qu'est à présent la participation de Chypre a l'UE"
Delphine Millet Prifti (www.lepetitjournal.com – Athènes) 12 juillet 06
Repères historiques
- Chypre, île divisée en deux parties. D’un coté, la République de Chypre (Etat Grec reconnu par l’Union Européenne) et de l’autre la République Turque de Chypre du Nord (reconnue uniquement par la Turquie).
- Chypre fut tantôt sous le contrôle de Venise (1489-1573), tantôt sous le contrôle des Turcs, tantôt sous celui du Royaume Uni (1878-1960).
- Devenue une République indépendante, membre de l’ONU et du Commonwealth, sa partie nord est envahie en 1974 par l’armée turque.
- En 1983, cette partie s’autoproclame République Turque de Chypre du Nord mais n’est reconnue que par la Turquie (qui refuse de reconnaître la République de Chypre).
- Ceci a été reconnu comme étant illégal par l’ONU peu de temps après. La ligne qui sépare la partie Nord de la partie Sud de l’île a été appelée “ligne verte” par l’ONU, et est sous contrôle des casques bleus qui sont chargés de faire respecter le cessez le feu.
- En 2003, certains points de passage ont été crées sur la ligne verte, permettant aux habitants du Sud de se rendre dans la partie nord et vice-versa.
- En 2004, la République de Chypre est entrée dans l’Union Européenne.
- Avril 2004, échec du plan de paix de l’ONU (plan Annan). Les Grecs ont voté « non » au referendum, les Turcs "oui".
Repères géographiques
Superficie : 9 251 km2,
Situation : île de l’Est de la méditerranée, à 75 km de la côte turque
Population : 835 000 habitants environ, dont 78% de Grecs et 18 % de Turcs.
Capitale : Nicosie. Aller encore + loin
« Le problème chypriote” – Dossier très documenté réalisé par l’Ambassade de France à Chypre
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