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LE BILLET DE BLANCHE BAUDOUIN - Faut-il s'asseoir sur le vieux ? |
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| Ecrit par Blanche Baudouin,
le 11-07-2006 23:00
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Sous influence des spots publicitaires qui vantent le charme fragile des seniors, Blanche a testé ses capacités solidaires. Elle nous livre son expérience de générosité trans-générationnelle. Edifiant
Souvent, les gens âgés sont de délicieux personnages ! (Photo : AFP)
La résurrection du vieux est un phénomène troublant. La nouvelle canicule n’a peut-être rien à voir, mais après les 15.000 silencieux morts de l’été 2003, voilà que les anciens se mettent à envahir les ondes via des campagnes publicitaires. Il y en a une qui dit qu’elle a toujours osé : conduire une voiture quand ça ne se faisait pas, dire non à ses parents qui refusaient son mariage, ou se mettre à l’informatique il y a cinq ans… Mais là, elle n’ose pas déranger ses voisins si elle a besoin d’aide. Même chose pour pépère qui connaît tout le monde dans le quartier depuis 40 ans. Il a vu les couples se faire, les drames, naître les enfants des enfants… Mais là, même s’il les connaît tous, il ne sait pas vers lequel se tourner pour demander de l’aide. C’est à la fois triste, idiot et affreusement humain. Juste le but de la pub : sensibiliser les valides aux possibles détresses des moins alertes, les avertir que pendant qu’ils font une teuf à tout casser, un vieux se meurt probablement à l’étage du dessus - ou du dessous, c’est selon. Le ton fait flipper. La preuve, j’avais rendez-vous chez le dentiste puisqu’on perd tous ses dents, et qu’est ce que je vois pile à l’entrée ? Un vieux assis sur les marches du perron. Mieux communiquer Le temps de réfléchir à l’adéquate contenance, je me rue sur mon potable, en jetant des regards discrets sur l’ancêtre vautré. Je repense à la pub, claque le téléphone au nez de personne, et me pointe rassurante et immensément inquiète : "Monsieur, vous allez bien ?" Lui a un mouvement de recul, il doit penser que je veux lui piquer son short ou un truc comme ça, il grommelle des sons sourds. Je sors toutes mes dents bienveillantes : "vous n’êtes pas tombé n’est ce pas ?" Et il fait quoi l’agonisant? Il éclate de rire : "Non, je me repose. Il fait chaud, vous avez peut-être remarqué ?" Je ris de bon cœur avec lui. En ouvrant la porte du dentiste, ma jambe subit une sorte de poussée épileptique : le vieux se prend un coup de pied assez sec dans le dos. Les communicants ne contrôlent pas toutes les conséquences de leurs messages. Blanche BAUDOUIN. (LPJ) 12 juillet 2006
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