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DIPLOMATIE - La relation de Bucarest avec Washington pose question |
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lundi 03 juillet 2006 |
Le Conseil suprême de la défense du pays (CSAT) a rejeté la proposition du parti national libéral et du Premier ministre Calin Popescu Tariceanu de retirer les troupes roumaines postées en Irak. En toile de fond, un dilemme latent se dessine : est-il possible de maintenir une politique étrangère si ouvertement pro-américaine à la veille de l’entrée du pays dans l’Union européenne ?
Le président Traian Basescu insiste sur le besoin d'une politique cohérente et sérieuse. Trés lié à Washington, il n'a pas du tout apprécié l'initiative de son Premier ministre (photo : LPJ)
Au-delà des rivalités politiques internes, l’épisode du retrait des troupes roumaines en Irak confirme une nouvellle fois le soutien inconditionnel de la Roumanie aux Etats-Unis, tout au moins du côté du président Traian Basescu. Ce dernier a fortement critiqué l’initiative de son Premier ministre. “Il ne faudrait pas manquer de cohérence en matière de politique étrangère et militaire (…) cette proposition du retrait des troupes par le Premier ministre est difficile à justifier”, a fermement déclaré le président, même s’il est prévu que les effectifs roumains en Irak passeront de 890 militaires à 628 avant la fin de l’année.
De son côté, Calin Popescu Tariceanu a déclaré que plusieurs pays européens avaient décidé de se retirer d’Irak, dont l’Italie, sous le commandement de laquelle sont placés les militaires roumains. Il semblerait aussi que le maintien des troupes en Irak soit de plus en plus impopulaire en Roumanie. Une diplomatie à deux visages Désireuse de s’intégrer au plus vite au sein de l’UE, la Roumanie a parallèlement signé des accords importants de coopération militaire avec Washington. Le Pentagone envisage de redéployer en Roumanie et en Bulgarie, ainsi qu’en Asie et en Afrique, 50.000 soldats américains jusqu’à présent postés en Allemagne et en Corée du Sud. “En invitant des troupes américaines sur son sol, la Roumanie modifie sa stratégie militaire. Il est à prévoir que les futures opérations des Etats-Unis dans le Caucase, en Asie centrale et au Moyen-Orient mettront à l’épreuve ces troupes postées en Bulgarie et en Roumanie”, affirme Radu Tudor, expert en défense.
D’un autre côté, “le désir d’appartenir à l’Union européenne n’est pas contradictoire avec une forte liaison transatlantique estime Cornel Codita, professeur de relations internationales. Certes on peut exprimer des réserves sur la politique étrangère de telle ou telle administration, mais les compatibilités et les intérêts communs dans l’espace transatlantique sont toujours déterminants et dépassent les petits différends”. L.C. (LPJ – Bucarest) 4 juillet 2006 |