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MEDIAS - Genestar sous le poids des maux

Ecrit par Betty RUBY, le 29-06-2006 22:00

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Alain Genestar a écrit cette semaine son dernier édito pour Paris Match. La Une de Cécilia Sarkozy et de son amant parue en août dernier serait à l’origine de son éviction. Car Sarko est un ami intime d’Arnaud Lagardère, propriétaire du titre. Sous le choc des conséquences des photos, la rédaction du magazine s’est mise en grève

S’il voulait garder son poste, Alain Genestar n’aurait peut-être pas dû montrer Sarko cocu... (Photo : AFP)

Chaque fois qu’il se lance dans son édito, Alain Genestar contemple une photo en noir en blanc posée sur son bureau de Paris Match. Le cliché date de 1956 : dans une rue chaotique de Budapest, un homme marche en lisant un journal. "Depuis sept ans, j’écris avec vue sur cette photo. Il était temps que je vous la montre", conclut sobrement le patron de la rédaction de l’hebdo. Venant de se faire virer, il signe en effet cette semaine son dernier édito.
Hachette Filipacchi Médias, membre du groupe Lagardère, propriétaire du titre, explique son départ par à un "différend déontologique" entre Genestar et le groupe. Il lui a donc été proposé un poste de directeur des rédactions du groupe qui supposait l'abandon de ses fonctions actuelles.
P
our la rédaction de Paris Match, les vraies raisons sont à chercher du côté de… Sarkozy. Voilà neuf mois en effet que Genestar n’était plus en odeur de sainteté auprès du ministre de l'Intérieur, super pote avec Arnaud Lagardère.
L’affaire remonte à août dernier, quand Match a consacré sa Une à Cécilia Sarkozy et son amant publiciste : 900.000 exemplaires avaient été vendus, contre les 600.000 habituels. A l’époque, le chef de la place Beauvau, penaud et défait, invitait publiquement la presse à ne plus intervenir dans ses affaires familiales.
Différentes versions du différend
Si les journalistes français ont été compatissants, les Suisses non. Le Matin avait réalisé cinq éditions consécutives sur la crise conjugale que traversait le couple Sarkozy. Moralité, Sarko a demandé la condamnation du quotidien suisse pour atteinte à la privée : le tribunal rendra son jugement en septembre.
En attendant, pour la première fois depuis 1968, les journalistes de Paris Match se sont mis en grève hier pour protester contre l'éviction de leur patron, qu'ils jugent "politique". Selon Le Nouvel Observateur, ils considèrent en effet qu’"on ne se fait pas virer pour un différend déontologique mais parce qu'il y a une pression politique extrêmement forte et qu'on a promis de régler le problème en coupant la tête du présumé coupable".
Olivier Royant, directeur adjoint de la rédaction de Paris Match, assure l'intérim, le temps que la situation soit clarifiée. Et Christian de Villeneuve du Parisien est présenti pour prendre le poste de Genestar.
A voir si Arnaud Lagardère va consulter Sarkozy, comme Jean-Pierre Elkabbach l’avait fait, il y a quelques temps lors du recrutement d’un journaliste politique...

Betty RUBY. (LPJ) 30 juin 2006

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Sarkozy, la main dans l'info

Serge July quitte Libération
C’est en conférence de rédaction, hier matin, que Serge July (Photo : AFP), le fondateur et directeur de la publication de Libération, a lu sa lettre de démission présentée un peu plus tard au conseil d'administration. "Souvent nous avons fait l'un des plus beaux quotidiens du monde. Certains jours le plus beau", a-t-il dit, visiblement ému.
Voilà 15 jours, Edouard de Rothschild, actionnaire de référence avec 38,8 % des actions, avait décidé de l’évincer de ses fonctions. Il avait posé le départ de Serge July comme condition à de nouveaux investissements dans le quotidien. La "période transitoire définie par l'actionnaire financier et l'actionnaire salarié" devrait être assurée par Antoine de Gaudemar, l'actuel directeur de la rédaction. Puis c’est Philippe Clerget, ancien directeur de L'Usine nouvelle, qui pourrait devenir cogérant et directeur général.
"Le chef d'orchestre que j'ai été vous dit adieu, le journaliste aussi, infiniment triste de ne plus pouvoir écrire ici", a déclaré le patron emblématique du quotidien. (LPJ – 30 juin 2006)


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