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SOCIETE - Une jeune loi contre la violence de genre. |
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mercredi 28 juin 2006 |
Le 29 juin 2004, le gouvernement Zapatero présentait au Parlement son projet de loi contre la violence de genre. Deux ans après, et alors que le texte est entré en vigueur, les violences infligées aux femmes par leur conjoint ou ex-conjoint continuent, et le travail d’éducation doit encore faire son chemin
En 2003, 71 femmes en Espagne ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint, 54 en 2002. Les associations de femmes appelaient désespérément à une prise de conscience. Zapatero en avait fait une promesse électorale. La loi organique sur les mesures de protection intégrale contre la violence de genre a été votée par le Congrès le 22 décembre 2004 et est entrée en vigueur en janvier 2005.
La loi apporte d’abord des mesures de protection à la victime : des juridictions spécialisées avec des procédures rapides, des foyers de protection pour les victimes, des mesures de discrimination positive pour inciter les entreprises à engager ces victimes... Mais, cette loi souligne aussi la nécessité de développer la prévention et l’éducation avec, notamment, un dispositif de réhabilitation des condamnés, dont l’effectivité fait encore défaut, selon l’Observatoire contre la violence domestique et de genre du Conseil Général du Pouvoir Judiciaire.
Des résultats encore insuffisants mais encourageants
Le nombre de femmes victimes de violences de genre a faiblement baissé. Selon l’Institut des femmes, de 2004 à 2005, le nombre de ces cas est passé de 105 cas à 80, toujours supérieur au chiffre de 2002 et 2001. Les dénonciations de mauvais traitements infligés par le conjoint ou ex-conjoint, elles, augmentent. Selon les même sources, 5. 527 plaintes ont été déposées en 2004 et 59.758 en 2005.
Cela signifie que les violences ne se réduisent pas, certes. Mais cela montre aussi que, dorénavant, les femmes osent un peu plus aller chercher de l’aide. Réflexe que la plupart des femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint n’ont pas eu. Cette loi est donc encore jeune d’application. Les institutions créées doivent continuer de communiquer afin de se faire connaître auprès des victimes comme des bourreaux, et que le travail d’éducation se fasse. Les associations de femmes font toujours pression en ce sens.
Louise DAVID. (LPJ-Espagne) 29 juin 2006
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