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INTERVIEW - Amadou Niang : "Renouveler son permis de séjour est un vrai casse-tête" |
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jeudi 29 juin 2006 |
Amadou Niang est Sénégalais et vit à Bucarest depuis près de dix ans. Correspondant du journal Le Quotidien de Dakar, il a aussi fondé l’association Culture de la paix
pour aider les étrangers à régulariser leur situation en Roumanie. Pour
beaucoup d'entre eux, c'est un véritable parcours du combattant…
LPJ - Comment êtes-vous arrivé en Roumanie?
Amadou Niang - Après une licence de droit au Maroc, j’ai déposé ma candidature à Dakar pour obtenir une bourse de troisième cycle, et j’ai été sélectionné pour la Roumanie. Ici j’ai rédigé une thèse sur les droits de la mère. Après quoi je me suis lancé dans un master d’urbanisme pendant deux ans, toujours en étant boursier, et j'ai fait un stage à Lyon. Ma chance a été de rencontrer une professeur française qui, à ce moment-là, m’a beaucoup aidé. Puis j’ai rencontré ma femme, une Roumaine, et c’est comme cela que j’ai décidé de rester à Bucarest. Mais j’ai laissé tomber l’urbanisme, il y a ici trop de discrimination à l’embauche…
LPJ - Aujourd’hui vous dirigez l’association “Culture de la paix”. En quoi consiste cette association? Amadou Niang - J’ai fondé l'association en septembre 2002. C’est une idée qui m’est venu après les problèmes que j’ai rencontrés pour me marier ici. A l’époque, l’administration roumaine ne nous a pas facilité la tâche. Il y a deux ou trois ans, il fallait déposer plusieurs certificats, de santé et autres, dont certains étaient délivrés par des cabinets privés. Au total, j’ai dû débourser 800 euros pour pouvoir me marier. J’ai alors fondé cette association pour venir en aide aux étrangers qui ont des problèmes avec l’administration roumaine. La plupart sont en situation régulière mais ils se retrouvent souvent face à des problèmes inextricables à cause de la lourdeur du systéme. Il y a toujours un papier qui manque. Il faut dire aussi que beaucoup d’étrangers ne prennent pas la peine de bien s’informer. L’association est là pour les soutenir.
LPJ - Quels sont aujourd’hui les problèmes récurrents que rencontrent un étranger sur le sol roumain? Amadou Niang - Il y a d’abord le permis de séjour, son renouvellement est un vrai casse-tête. Il faut s’assurer auprès de la caisse d’assurance maladie, même si vous disposez déjà d’une assurance santé dans votre pays d’origine qui couvre vos dépenses à l’étranger. Prenez mon cas…En tant que marié à une Roumaine, je devrais être co-assuré. Mais cette année, l’administration n’a pas voulu me délivrer d’attestation car une nouvelle loi oblige les étrangers à payer de façon rétroactive leur assurance de santé depuis leur date d’entrée dans le pays, soit 6,5% des revenus imposables sur le sol roumain. C’est la condition pour pouvoir renouveler votre permis de séjour. Mais bon, certains étrangers arrivent à s’arranger pour ne déclarer que le salaire minimum roumain (ndlr : environ 100 euros). Par ailleurs, entre les déclarations notariales et autres taxes, le seul permis de séjour coûte près de 200 euros!
LPJ - Comment cela se passe-t-il pour les couples mixtes? Amadou Niang - Je vous donne un exemple. J’ai connu un Roumain marié au Vietnam avec une Vietnamienne. Sa femme est venue en Roumanie avec un visa de touriste, et non pas avec un visa de regroupement familial. Après l’expiration du visa, on lui a demandé de quitter le territoire. Il a fallu qu’elle parte en Moldavie pour obtenir ce visa auprés du représentant du Vietnam à Chisinau. Les autorités roumaines obligent tout étranger à quitter le pays au bout de trois mois s’il n’a pas régularisé sa situation, marié ou pas.
Propos recueillis par Laurent Couderc (LPJ) – vendredi 30 juin 2006
Pour plus d’infos sur l’association “Culture de la paix”, consulter le site www.imigrant.ro. E-mail : office@imigrant.ro
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