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Plus de 63% des électeurs ont voté contre
la réforme de la Constitution défendue par Silvio Berlusconi. Le "oui"
l’a apporté dans seulement deux régions, la Vénétie et la Lombardie,
ainsi qu' à l’étranger
Nouvelle défaite pour Silvio Berlusconi. Dimanche et lundi, les Italiens ont en grande majorité (63,1%) voté contre le référendum sur la loi constitutionnelle que le Cavaliere défendait.
Le référendum visait à confirmer ou infirmer une réforme de la constitution qui n’avait pas obtenu la majorité parlementaire nécessaire. Soutenue par la droite, cette réforme donnait plus de pouvoirs aux régions et au président du conseil (cf. encadré). Romano Prodi avait fait campagne pour le non, affirmant que : "cette réforme divise le pays en deux, entre riches et pauvres".
La bonne surprise vient de la mobilisation : en effet, plus de la moitié des Italiens ont voté. La participation a atteint les 52,9%, alors qu’elle se cantonnait à 34% au dernier référendum. Elle a néanmoins été plus faible dans le Sud (43%).
Oui en Lombardie
A l’image de la diversité italienne, les résultats sont très hétérogènes suivant les régions. Plus on se dirige vers le Sud, plus les Italiens ont voté contre la réforme. Le "oui" l’a emporté dans seulement deux régions : la Vénétie (55,3%) et la Lombardie (54,5%), la région la plus riche du pays. Mais le "non" a été majoritaire dans les villes de Milan et Venise.
Dans la capitale de la Lombardie, le "non" a gagné dans toutes les zones, sauf le Centro storico (50,5% de oui). Dans les régions du centre, administrées par le centre droit, le "non" a atteint 67,7%. Il obtient un score presque identique à Rome (67,9%). Dans les régions du Sud, il a même atteint les 75%…
Enfin, à l’étranger, les électeurs ont majoritairement voté en faveur de la réforme (52,1%), à part en Europe et notamment en France, en Allemagne et en Suisse.
Corentine GASQUET - LPJ Milan - 28 juin 2006
Ce que prévoyait la réforme
La loi constitutionnelle visait à donner plus de pouvoir aux 20 régions en matière de santé, d’enseignement et de sécurité. Elle renforçait également les pouvoirs du président du conseil, qui serait devenu "premier ministre" et qui aurait pu nommer et révoquer les ministres sans intervention du président de la République.
Ce dernier n’aurait plus pu dissoudre la chambre des députés ou le sénat que sur demande du premier ministre. Au sein du parlement, les sénateurs auraient eu la responsabilité des lois régionales et les députés des lois nationales.
Enfin, le nombre de députés et de sénateurs auraient dû diminuer (518 députés en 2016 contre 630 aujourd’hui ; 252 sénateurs en 2016 contre 315), seul point de la réforme également soutenu par la gauche.
(LPJ - 28/06/06)
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