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FAIT DIVERS - Violence mortelle en plein Madrid |
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lundi 26 juin 2006 |
Vendredi dernier, une prostituée ukrainienne de 35 ans a succombé à 14 coups de couteau reçus en plein jour, à deux pas de Gran Via, artère centrale animée de la capitale. Un fait divers tragique qui met en cause l’immobilisme de la mairie de Madrid face à l’inquiétante prolifération de violence urbaine
Le fait divers a fait la Une des journaux une bonne partie du week-end. Vendredi dernier, une prostituée ukrainienne de 35 ans a succombé à 14 coups de couteau reçus en plein jour, à deux pas de Gran Via, l'artère centrale animée de la capitale.
Les photos parues dans la presse, souvent choquantes, retracent pas à pas ce drame sordide. Certaines montrent la jeune femme à l’agonie, soutenue par des amies. D'autres, l’assassin présumé, passé à tabac par des proches de la victime, puis arrêté par la police. D'autres encore, le corps de la jeune femme, ensanglanté et inanimé, allongé sur l'asphalte. Le SAMUR (SAMU) n’a rien pu faire pour la réanimer.
Retour en arrière. Vendredi, 18h : "Plus jamais, tu fumeras une de mes cigarettes, fille de pute !", hurle un homme sur la place Soledad Torres Acosta. S’ensuit une volée de coups de couteau que certains témoins ont pris pour des coups de poings entre "zonards" éméchés. Cris, pleurs, bagarre générale : un poignard aterrit bruyamment sur le sol. Ce serait celui du fiancé de la victime, imbibé de jalousie et d’alcool.
Ironie du sort
C’est le 33ème assassinat de l’année enregistré par le commissariat du Centre, à Madrid. La veille, une association de voisins de quartier avait réclamé à la mairie, vidéo à l’appui, une intervention musclée pour remettre de l’ordre dans la rue. Prostituées, mendiants, drogués et dealers oeuvrent, de jour comme de nuit, dans ce quartier pourtant très central. Les enfants partagent les aires de jeux avec des SDF avinés qui squattent leurs balançoires ou avec des drogués fumant sous leur nez. Les bébés font leurs premiers pas au milieu de bouteilles vides, de préservatifs et de loques humaines qui jonchent le sol.
Bagarres, cris, vol à la tire et traffics de drogue à tout coin de rue sont des scènes quotidiennes dont se passeraient bien les 5000 riverains qui ne se sentent plus en sécurité. Alberto Ruiz Gallardon, maire de Madrid issu du Partido Popular (PP) avait pourtant promis en septembre 2005 un plan de réhabilitation du quartier. Plan qui n’a, semble-t-il, jamais vu le jour.
Les 500 agents du plus grand commissariat de Madrid n’arrivent pas à enrayer la centaine de plaintes enregistrées pour 2006. L’hôtel de ville, fataliste (et impuissant ?), déclarait qu’il était difficile d’intervenir auprès de gens refusant toute aide. Une chose est sure, cette fois-ci, la police n’a pas eu le temps de "nettoyer" la place avant l’arrivée de la presse... et n'a pu empêcher la publication de ses photos sordides . Gageons que cette mort serve à quelque chose.
Camille DE LA ROCHERE. (LPJ) 27 juin 2006
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