|
ENVIRONNEMENT - Le spectre de la sècheresse plane sur l'Espagne |
|
dimanche 25 juin 2006 |
La sécheresse et la canicule exceptionnelles de ces derniers jours ont entraîné une baisse record du niveau des fleuves et des nappes d’eau souterraines en Espagne. Les Nations-Unies montrent d’ailleurs du doigt la péninsule ibérique pour sa mauvaise gestion de ses réservoirs d’eau
Santillana à Madrid
Les réserves d'eau en Espagne sont actuellement à leur plus bas niveau depuis dix ans, alors que ce pays a déjà connu en 2005 sa pire sécheresse depuis 1947, d’après les récentes déclarations du ministère de l'Environnement. Les réservoirs d'eau en Espagne contiennent depuis mi-juin quelque 28.985 hectomètres cubes d'eau, soit 54,4% seulement de leur capacité, et 1.000 hectomètres cubes de moins qu'en 2005, à la même époque de l'année.
Les fortes pluies qui sont tombées la semaine dernière, ainsi, n’ont pas freiné la baisse des réserves d’eau. De quoi prèoccuper les autoritès espagnoles : les jours prochains, les températures devraient en effet dépasser les 35º dans le sud et le centre du pays, notamment à Madrid... et aggraver encore un peu plus cette situation. Dans le bassin du Segura, près de Murcie, le spectre d'une grosse sécheresse plane déjà : les réservoirs ne sont actuellement remplis qu'à 16% de leur capacité ! Le ministre de l'Industrie, José Montilla, a eu beau se montrer rassurant, en expliquant que cette situation n'affecterait pas l'approvisionnement du pays en électricité, produite en partie par des barrages hydro-électriques, l'Espagne a des raisons de se faire du souci...
L’Espagne, mauvaise élève
Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), dans un récent rapport, a d'ailleurs tiré la sonnette d’alarme : les nappes d’eau souterraines, dont dépendent deux milliards de personnes pour l’alimentation et l’irrigation, sont soumises à "une pression de plus en plus intenable de la part de certaines régions du monde", explique-t-il. Dans l'ensemble du pays, plus de la moitié des 100 réservoirs d’eau souterrains recensés seraient ainsi soumis à une exploitation excessive.
Autre problème: la pollution. Pesticides, bactéries, engrais et déchets industriels peuvent contaminer durablement les nappes phréatiques. L’eau douce est une denrée rare et précieuse et ne représente que 2,5 % de toute l’eau présente sur terre, le reste étant de l’eau salée. Or, selon l’Organisation Météorologique Mondiale, "une grave pénurie d’eau risque de se produire d’ici 50 ans", conséquence d’une mauvaise gestion des réserves.
D’ici 2025, la quantité d’eau disponible par personne pourrait ainsi tomber à la moitié de son niveau actuel – qui est déjà deux fois plus bas que celui de 1960. Et d’ici 2050, selon les Nations Unies, entre 2 et 7 milliards d’êtres humains seront confrontés à une pénurie d’eau.
Cathy IRAOLA. (LPJ - Madrid ) 26 mai 2006;
Pour plus d’infos
http://www.elmundo.es/elmundo/2006/06/20/ciencia/1150797828.html
|