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CINEMA - François Ozon : un compte à rebours |
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dimanche 25 juin 2006 |
Le temps qui reste (Il tempo che resta en italien) de François Ozon se tient à l’approche de la mort. Melvil Poupaud y incarne un homme jeune atteint d’un cancer sans rémission. Un film épuré, sans affectation superflue
Magnifique dialogue entre Poupaud et Moreau (Photo allociné)
Romain (Melvil Poupaud) est un jeune photographe d’une trentaine d’années. Il apprend, à la suite d’un malaise, qu’il est atteint d’un cancer généralisé qui ne lui laisse que quelques mois à vivre. Il ne parle pas de son état à ses parents (Marie Rivière, Daniel Duval), à sa sœur, avec qui il a des relations difficiles (Louise-Anne Hippeau), ni à Sasha, son compagnon (Christian Sengewald), avec qui il décide de rompre. Il ne s’ouvre qu’à sa grand-mère (Jeanne Moreau), pour qui il a beaucoup d’affection, parce qu’elle aussi va bientôt mourir.
Cette chronique d’une mort annoncée n’est pas une nouveauté au cinéma. Elle pourrait être le sujet d’un mélo flamboyant où le rachat des fautes et la réconciliation arrachent des larmes. Mais Ozon ne s’attarde pas sur l’apaisement des familles cher à notre société. Il ne s’embarque pas non plus dans un compte-rendu réaliste de la difficulté du parcours hospitalier.
Ozon va à l’essentiel
Il réalise au contraire un film profondément troublant en évitant l’un et l’autre de ces angles et en visant l’épure.
On rencontre peu de médecins, pas de rédemption, et pas de réconciliation à l’horizon du Temps qui reste. De la peur peut-être ; des alternances d’abandon et de ressaisissement sûrement. Face à un tel sujet, à quoi bon trop en faire ? Les quelques tentatives d’effets (visions d’enfance, sexe explicite, localisation de la scène finale) s’avèrent vaines. L’intrigue, peu crédible, avec Valeria Bruni-Tedeschi, a pour seul intérêt l’exceptionnelle qualité d’émotion que la comédienne apporte à l’ensemble. Reste l’essentiel : le corps amaigri de Melvil Poupaud, qu’Ozon filme au plus près de la charge érotique viscéralement liée à la mort. C’est à la fois presque rien et énormément. Jean Marc Jacob. (LPJ) 26 juin 2006
Le temps qui reste (Il tempo che resta) – François Ozon (1h25) avec Melvil Poupaud, Jeanne Moreau, Valeria Bruni-Tedeschi, sorti en Italie le 23 juin 2006
Les horaires dans les salles de Milan : mymovies.it
Sur le Web
Fiche allociné
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