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Homme de goût, Franco Cologni est l’un des principaux acteurs du développement de Cartier à l’international. Il a notamment lancé les "Must de Cartier" en Italie. Valéry Giscard d’Estaing lui a remis hier les insignes d’officier de la Légion d’honneur
Photo LPJ - Valéry Giscard d'Estaing, Franco Cologni et Renaud Lévy
"Les Français sont des Italiens de mauvaises humeur, disait Jean Cocteau. Je dirais le contraire : les Italiens sont des Français chaleureux et créatifs." Valéry Giscard d’Estaing a tout de suite "accroché" son public hier au Palazzo delle Stelline, à Milan.
L’ancien président de la République française remettait les insignes d’officier de la Légion d’honneur à Monsieur Franco Cologni, en présence du Consul général de France à Milan, Renaud Lévy.
La France avait déjà reconnu le travail de l’un des principaux acteurs du succès international de Cartier en le nommant chevalier de l’ordre national du Mérite en 1990 et chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 1999. En Italie, le président Carlo Franco Ciampi l’avait désigné cavaliere del Lavoro en 2002.
Lors d’un discours plein d’humour et d’affection, prononcé sans papier, sous un soleil de plomb et sous l’œil amusé des invités, l’ancien président de la République a rappelé le parcours du "senior executive director" du groupe Richemont. Elevé dans la bourgeoisie milanaise, il a étudié les lettres modernes à l’université catholique et écrit sa thèse sur la création théâtrale.
Le capital, c’est les autres
En 1968, il a rencontré Alain-Dominique Perrin et Robert Hocq, nouant ses premiers contacts avec Cartier, avant de lancer les "Must de Cartier" en Italie. Il a ensuite participé au développement international aux Etats-Unis, au Brésil, à Hongkong et au Japon. En 1999, le groupe suisse Richemont a racheté Cartier et Franco Cologni est devenu membre du conseil d’administration. Amoureux des belles choses, du style et du goût, il a écrit différents ouvrages, dont L’objet Cartier.
Après plusieurs remerciements, Franco Cologni a raconté que son premier article pour un journal économique développait l’idée selon laquelle "le capital, ce n’est pas de l’argent ; le capital, c’est les autres". Toujours fidèle à cette vision du travail, il a rendu hommage à tous ceux avec qui il a travaillé et progressé, principalement des femmes ; sans oublier un mot pour son épouse, sa "Pénélope".
C’est probablement parce qu’il a le goût des autres que Franco Cologni attire autant la sympathie, et pas seulement des femmes. VGE a d’ailleurs conclu son discours ainsi : "C’est parce que vous êtes créatif que vous recevez cette distinction. Et c’est parce que vous êtes chaleureux que je vous la remets moi".
Corentine GASQUET - LPJ Milan - 22 juin 2006
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