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POLITIQUE - Kirchner renonce au décret « espion » |
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dimanche 17 avril 2005 |
Depuis l’Allemagne, où il se trouvait en visite officielle, le Président argentin Nestor Kirchner a décidé la suspension d’un décret polémique qui permettait l’espionnage de tout un chacun sur Internet et pour ses communications téléphoniques
Quelqu'un enregistre-t-il la conversation téléphonique du Président Kirchner ? (Photo : AFP)
« L’objectif était de contrôler le trafic et non son contenu » : Alberto Fernandez, le chef du Cabinet du gouvernement, a beau dire, la suspension de l'impopulaire décret "espion" réjouit tout le monde en Argentine, des organisations de défense des droits du citoyen à l’internaute moyen.
C’est que, selon ces organisations, ce décret menaçait le droit à la vie privée de tous les Argentins.
Le décret 1563/2004 modifiait La loi sur les Télécommunications et permettait à l’Etat de surveiller les communications téléphoniques et les visites sur Internet, incluant les salons de discussions, les pages Web et les e-mails. Les fournisseurs d’accès à Internet se voyaient également tenus de garder toutes ces informations, pour chacun de leurs clients, pendant… dix ans ! Ceci, dans l’éventualité où le SIDE (Secretaria de Inteligencia Del Estado, le bureau gouvernemental des renseignements) nécessiterait ces données dans le cadre d’une enquête.
Obligé de faire marche arrière
Suite à l’agitation ambiante autour de ce décret et la dénonciation des dérives possibles par l’opposition ainsi que par de nombreux groupes de juristes, le Président argentin a dû réagir. Mardi 12 avril, alors en visite officielle en Allemagne, il a ordonné la suspension dudit décret… qu’il avait lui-même signé fin 2004. Il a demandé en outre que soit rédigé un nouveau décret en remplacement du dérogé.
Alberto Fernandez, lors de la conférence de presse du 12 avril dans la Maison Rose, a expliqué le changement de position du Président: « Le simple fait qu’un individu puisse sentir affaibli son droit à l’intimité nous a fait reculer pour améliorer la loi, car ce n’est pas cet esprit qui nous anime ».
Ce décret formait partie de tout un groupe de lois contre l’insécurité votées par le Parlement en 2004. Elle visait notamment à pouvoir écouter les conversations de téléphonie mobile et à repérer les e-mails « suspects », pour prévenir, par exemple, des affaires d’extorsion, de séquestration, voire de terrorisme. Certains adversaires de cette loi n’hésitent pas à faire le lien avec le très contesté « Patriot Act » aux Etats-Unis, formulé pour améliorer la sécurité dans le pays, mais très critiqué pour son atteinte aux libertés individuelles. Le Président Kirchner n’a dû que très moyennement goûter la comparaison…
Julien FERRAT. (LPJ) 18 avril 2005 |