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Jacques Faugeroux est assistant technique auprès de l’ambassade de France et expert auprès du ministère roumain de l’éducation. Mais il est aussi écrivain et artiste peintre. Ces jours-ci, il expose à la Sala Profesorilor de la bibliothèque centrale universitaire de Bucarest
LPJ – Comment gérez-vous vos passions, l’enseignement, la peinture, l’écriture?... Jacques Faugeroux – Je crois que tout est lié, et puis j’aime travailler. J’écris depuis 35 ans. J’ai publié mes premiers textes en 1978, des poèmes, dans plusieurs revues littéraires, et j’ai été responsable d’une maison d’édition en Poitou-Charentes. La ville de Poitiers m’a d’ailleurs confié l’animation artistique et littéraire du musée Sainte-Croix. Je pense que l’écriture est mon “art premier”, même si la peinture et l’écriture marchent ensemble. C’est pour cela que j’ai mis quelques petites textes à côté des tableaux exposés.
LPJ – Comment décririez-vous votre peinture ? Jacques Faugeroux – C’est difficile... Je ne suis surtout pas figuratif, plutôt abstrait. C’est une peinture axée sur la réflexion et sur un travail graphique. Dans la partie colorée, elle est un peu rattachée à l’art de la récupération, je peins notamment sur des vieux sacs. J’ai beaucoup de passion pour un peintre français des années 1950, Gaston Chessac, qui peignait sur n’importe quelle surface.
LPJ – Quel est l’écrivain ou le peintre qui vous a le plus inspiré ? Jacques Faugeroux – Albert Camus, tant l’écrivain que le journaliste. J’aime beaucoup sa philosophie, son humanisme lié à l’absurde et au nihilisme. Dans son recueil de nouvelles, “Noces”, le premier texte est magnifique, c’est un texte de référence, très poétique. De fait, selon moi, la poésie est sans doute le premier art, dans l’écriture c’est la chose la plus importante. Je crois qu’on ne peut pas être écrivain sans être un peu poète. Actuellement je travaille sur trois ouvrages, trois récits, des écritures poétiques, des petites nouvelles qui ne sont pas forcément liés à ma peinture. C’est juste une question de souffle. Je me sens en quelque sorte possédé par l’écriture, la peinture, la musique aussi … Tout m’intéresse.
LPJ – Quelle aura été l’influence de la Roumanie sur votre travail artistique ? Jacques Faugeroux – Son influence sera particulièrement profonde quand je vais devoir la quitter, après six ans. Ma relation avec ce pays a certes été d’abord basée sur le professionnel puisque le monde de l'éducation demande beaucoup de temps. Au début, quand je suis arrivé ici, ça n’a pas été le coup de foudre. C’est venu après, en pénétrant le pays, en connaissant mieux les gens. J’aime les Roumains, je les trouve fantasques et drôles. Et puis il y a ces paysages extraordinaires. Quand je passe Focsani, je suis saisi par la couleur du ciel de Moldavie, il y a quelque chose qui me rapproche des paysages de mon enfance, bien qu’ils soient assez différents.
Propos recueillis par Laurent Couderc (LPJ) - vendredi 23 juin 2006
L’exposition de Jacques Faugeroux se termine ce dimanche. Visites à partir de 11h, Sala Profesorilor de la bibliothèque centrale universitaire (place de la révolution).
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