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SECURITATE - La chasse aux collaborateurs |
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lundi 19 juin 2006 |
Le Conseil national d’étude des archives de la Securitate
(CNSAS) devrait prochainement se prononcer sur le rôle du président du
parti conservateur Dan Voiculescu au sein de l’ancienne police
politique du régime de Ceausescu. Peut-être le début d’une véritable
opération mains propres dans le pays ?
Mircea Dinescu, l’un des membres du CNSAS (photo : LPJ)
C’est la première fois en Roumanie qu’un homme politique assume avoir été un informateur de la Securitate, l’ancienne police politique de Nicolae Ceausescu. Dan Voiculescu affirme qu’il a rédigé des rapports sous Ceausescu “comme des millions d’autres Roumains”, selon lui.
Ce scandale démontre enfin que le CNSAS a sa raison d’être. Car depuis sa création en 1999, il n’a eu que peu de résultats. Seuls 127 officiers ou sous-officiers et 134 informateurs de la Securitate ont été découverts, beaucoup d’entre eux déjà décédés. Le probléme récurrent, dénoncé par plusieurs membres du CNSAS eux-mêmes, est que le Conseil a toujours été sous l’influence des politiques.
L’un des cas les plus flagrants concerne le leader du parti d’extrême droite Vadim Tudor. A l’automne 2004, juste avant les élections générales, une majorité des membres du CNSAS l’a accusé de faire partie de la Securitate. Tudor n’a jamais été inquiété pour autant. Sans réforme morale, pas de réforme politique Par ailleurs, certains membres démissionnaires du CNSAS ont souvent critiqué la “main-mise” des services secrets roumains (SRI) sur les dossiers de la Securitate. Car c’est le SRI qui a hérité des archives de l’ancienne police politique : 1,9 million de dossiers. Le CNSAS en a récupéré 1,3 million.
Mais rien n'étant informatisé, travailler sur ces documents est jugé “impossible”. Afin de mettre un terme aux rumeurs, le Président Traian Basescu a décidé début avril d’instaurer une commission chargée d’analyser la “dictature communiste” de 1945 à 1989. Déjà, en février dernier, le Premier ministre Calin Popescu Tariceanu avait annoncé la création d’un institut de recherche sur les crimes du communisme. “ Sans accès aux dossiers de la Securitate, il n’y aura pas de réforme morale, sans réforme morale, pas de réforme politique”, estime le politologue Cristian Pîrvulescu, qui juge ce scandale concernant Dan Voiculescu insuffisant. “J’espère que ce premier cas ne sera pas le dernier, il faut persister et mener une enquête poussée et sérieuse au sein de l’ensemble de la classe politique”, ajoute-t-il. L.C. (LPJ) – mardi 20 juin 2006
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