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CINE - Guantánamo : vérité et proximité d’un scandale |
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jeudi 25 mai 2006 |
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Sorti en mars 2006, le film documentaire britannique Camino a Guantanamo sort aujourd’hui vendredi 26 mai dans les salles de cinéma espagnoles. L'histoire vraie de quatre jeunes musulmans britanniques suspectés à tort, d'appartenir à Al Qaeda et détenus pendant deux ans et demi
Asif Iqbal part au Pakistan pour rencontrer la femme avec qui il souhaite se marier. Il emmène avec lui ses trois amis, ses témoins. Une fois au pays, on leur dit qu’ils pourraient aider en Afghanistan. Les tours du World Trade Center se sont effondrées il y a un mois. Ils ont 20 ans. Ils se lancent dans l’aventure.
Faits prisonniers par les Américains et leurs alliés, ce n’est que deux ans et demi plus tard qu’ils rentreront chez eux, à Tipton, au Royaume Uni. Entre temps, ils auront passé de longs mois dans les camps de Kandahar et de Guantanamo…
Camino a Guantanamo mêle fiction et témoignages, reconstitutions et images d’archives. Cru mais rarement violent, ce film documentaire décrit l’intolérable quotidien de Guantanamo, qui éclate aux yeux des spectateurs sans que les atrocités perpétrées ne soient étalées de manière ostensible. Même si le metteur en scène, Michael Winterbottom, ne s’est pas égaré à faire de reconstitutions hasardeuses des scènes de tortures les plus immondes, on repense inévitablement aux photos que les journaux ont passées en boucle pendant quelques temps. On y repense, et on a honte. Honte de les avoir un peu oubliées, honte d’avoir laissé passer la distance et le silence sur les 460 personnes encore détenues à Guantanamo aujourd’hui.
Un constat pénétrant
Plus efficace que le bombardement massif et bref d’annonces et de communiqués de presse, ce film fait ressentir l’information et marque à plus long terme nos mémoires, en instaurant une réalité lointaine aux côtés du spectateur. Le spectateur court derrière ces jeunes ballottés d’interrogatoires en interrogatoires.
Pour ce film dont les images sont pénétrantes, et la musique bouleversante, Michael Winterbottom a gagné l’ours d’argent du meilleur metteur en scène au Festival de Berlin en 2006. Un film à voir absolument, pour sa finesse et sa force.
Louise DAVID (LPJ-Barcelone) 26 mai 2006
Au cinéma Renoir les Corts ( 12 c/ Eugenu D'ors) à partir du vendredi 26 mai 2006.
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