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POLITIQUE - Chirac et la peur du « mouton noir » |
| Ecrit par Camille VAYSSETTES,
le 14-04-2005 22:00
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Le chef de l’Etat était hier soir sur TF1 pour débattre avec des jeunes sur le thème de la Constitution européenne. Un grand coup médiatique pour convaincre les Français de dire « Oui » au référendum, à l’aide d’arguments constructifs et d'autres, plus culpabilisants
Jacques Chirac s’exprimait hier sur la Constitution européenne, devant un parterre très télégénique de 83 jeunes gens. (Photo : AFP)
Jacques Chirac était pimpant hier soir sur TF1 pour prêcher la bonne parole à des Français que tous les sondages disent récalcitrants sur la Constitution européenne. Aux côtés de Patrick Poivre d’Arvor, Marc-Olivier Fogiel, Jean-Luc Delarue et Emmanuel Chain, il était face à un parterre de 83 jeunes adultes, âgés de 18 à 30 ans, sélectionnés par la Sofres. Ceux-ci étaient probablement censés incarner l’avenir de la nation, même si le Président a précisé qu’il entendait s’adresser « à tous les Français ». Ils constituaient surtout un bon prétexte très télégénique pour permettre au Président de délivrer son message.
Une rhétorique en deux temps
Un mois et demi avant le référendum, le chef de l’Etat a usé toutes ses cartouches, avec le talent d’orateur qu’on lui connaît et le fait qu’il « passe bien à la télé ». Jacques Chirac a d’abord voulu ancrer son discours dans les aspects positifs de la Constitution. Il a expliqué que l’enjeu n’était pas de construire une Europe toujours plus libérale mais, au contraire, de faire avancer l’Europe-politique qui a longtemps souffert de l’omniprésence de l’Europe-économique. Le Président a également affirmé que le texte préparait une Union d’orientation bel et bien sociale, voulant ainsi porter un coup aux arguments de ses principaux détracteurs.
Mais l’intervention de Jacques Chirac s’est également tournée vers la menace de ce qui, selon lui, surviendrait inévitablement si les Français se prononçaient négativement. Il a en effet brandi le spectre du déclin de l’influence française en Europe, ce qu’il a appelé d’une expression bien sentie « l’effet boomerang ». Le chef de l’Etat a voulu contrer la peur que les Français ont de l’Europe par une autre peur : celle que l’Union se fasse, mais avec l'Hexagone en marge, devenu « le mouton noir ». Une technique culpabilisante pour les électeurs tentés par le « Non », qui pourrait porter ses fruits le 29 mai ?
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 15 avril 2005
Hier soir à la télé c’était « Oui », mais ailleurs c’était « Non » aussi
Pendant ce temps là, à l’autre bout de Paris, dans la salle du Zénith, les partisans du « Non » se sont aussi fait entendre. Pour contrer la voix du Président, un grand show anti-Constitution avait été orchestré, avec notamment le trublion paysan José Bové, la communiste Marie-George Buffet, le socialiste dissident Jean-Luc Mélenchon et le leader de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot. (LPJ – 15 avril 2005)
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