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En lançant, la semaine dernière, une OPA amicale sur l’Emporiki, le Crédit Agricole met le ministère grec de l’Economie et des Finances en effervescence. Jugeant cette offre positive, le Ministre Giorgos Alogoskoufis déclare cependant rester ouvert à d’autres propositions…
Le Crédit Agricole a lancé la semaine dernière une OPA sur Emporiki, 4ème banque grecque, dont il possède déjà 8,9% des parts. Estimant la valeur de la banque grecque à 3,1 milliards d’euros, il souhaite obtenir 100% de son capital, soit 23,5 euros par action.
Cette offre amicale et en numéraire, comme le souligne le président du conseil d’administration du Crédit Agricole M Carron, constituera, si elle se réalise, le plus grand investissement du Crédit Agricole en Grèce. Le ministre de l'Economie et des Finances grec, Giorgos Alogoskoufis, juge cette perspective positive pour la banque et ses salariés mais aussi pour l'économie du pays. Il déclare cependant être prêt à étudier avec la même attention toutes propositions qui lui seraient soumises dans le cadre du rachat d'Emporiki et ce, jusqu'à fin juillet. Selon lui, l'offre publique d'achat (OPA) est ici la méthode la plus adaptée car elle permet une totale transparence.
Une offre trop peu élevée
L'opposition, de concert avec les employés d'Emporiki, émet des réserves. Le Pasok s'étonne notamment du prix de rachat annoncé qui semble disproportionné au regard du prix d'achat par la Grèce de la banque turque Finansbank, 4 fois plus petite qu'Emporiki et payée 4,5 milliards d’euros ...
Les employés de l'Emporiki, menaçant de se mobiliser, ont rencontré les représentants du Crédit Agricole. Lors de la discussion, la banque française a fait part de sa politique de ressources humaines en cas de succès de l'OPA et proposé 500 départs volontaires parmi les employés d'ici à 2008 et l'embauche de 250 cadres.
Du point de vue stratégique, l'organisme de notation Moody's considère cette éventuelle acquisition comme très intéressante pour le Crédit Agricole, lui permettant ainsi de développer ses activités de banque de détail à l'international. Gilles de Margerie aurait déclaré, dans une interview citée par Kathimerini (http://ekathimerini.com), que si le CA n'obtient pas au moins 40% d'Emporiki, il n'y aurait pas d'accord.
Affaire à suivre
Citigroup, a été choisi pour accompagner le dossier de privatisation d'Emporiki, dont l’Etat possède environ 40% des parts alors que les diverses caisses de retraites détiennent ensemble 27% du capital. Il procède actuellement à l'évaluation de l’offre du Crédit Agricole.
D'autres propositions de rachat pourraient voir le jour prochainement. Ainsi BCP (dont la filiale est Novabank) ou Dubai Fianancial sont notamment soupçonnées d'être intéressées ...
Delphine Millet-Prifti. (LPJ Athènes) 19 juin 2006
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