Le 17 avril, La Latina TV, une nouvelle chaîne consacrée à l’Amérique latine, fait son entrée dans le paysage audiovisuel français. Rencontre à Paris avec le directeur des programmes
"Blanca y pura" première telenovela en dessin animé aborde les problèmes colombiens avec dérision. (Photo : Latina TV)
Paris, dans un passage du 18ème arrondissement, le mois d’avril fait encore frissonner les piétons, mais l’accueil est chaleureux au siège de la Latina TV. A quelques jours du lancement, entre deux ou trois coups de fil urgents, Alejandro Ollivier, directeur des programmes, trouve le temps de raconter l’histoire de la nouvelle venue du PAF.
Voila deux ans maintenant que le projet est lancé, avec beaucoup d’envie, semble-t-il, et naturellement des embûches sur la route. Tout commence lorsque Guillermo Spivak, réalisateur argentin vivant à Paris depuis 15 ans, tourne, en coproduction avec une chaîne française, un documentaire sur la campagne présidentielle de Lula. Le film marche bien, de quoi retenter l’aventure avec l’élection du président argentin, Nestor Kirchner. Un certain scepticisme se fait alors sentir. Deux documentaires sur l’Amérique latine la même année, cela fait un peu trop pour une même chaîne. Voila ce qui décide Guillermo Spivak à créer son propre canal sur le monde latino, un canal destiné aux Français, puis aux Européens.
C’est en tout cas l’anecdote que rapporte Alejandro Ollivier, partageant le même constat : la place faite à l’Amérique latine dans les médias n’est peut-être pas à la hauteur de la fascination qu’elle suscite en Europe. « Il existe bien des chaînes japonaises, arabes, chinoises… des chaînes sur les chevaux mais rien sur le monde latino ». Et le peu d’info qui est diffusée ne reflète pas la complexité du continent. Il s’agit évidemment d’aborder les problèmes, mais aussi de faire connaître « tout ce que l’Amérique latine a de positif, tout ce dont sont capables les latinos en terme de production, de design, de musique, de cinéma, etc ».
Une chaîne en VO, généraliste et multiculturelle
Le projet est généreux. Reste à convaincre les porte-monnaie des investisseurs, qui sont au final tous privés. Contrairement à TV5, la latina TV ne bénéficie en effet d’aucune aide publique.
A l'heure actuelle, la majorité des programmes vient de l’extérieur, mais les productions internes ne devraient pas tarder, notamment afin de donner une visibilité à l’ensemble des pays latinos. Ceux-ci disposent en effet d’une capacité de production audiovisuelle et d’offre de contenu très inégale. Tous ces programmes sont en espagnols et portugais, principalement sous-titrés en français plutôt que doublés, et composent une grille généraliste.
La Latina propose une bonne dose de musique, mais aussi des documentaires, des magazines d’actualité, du cinéma, du sport (le beach soccer en vedette) et des telenovelas. Amours et trahisons à la mode latine ont-ils leur chance en France ? Pourquoi pas, répond Alejandro Ollivier. Les telenovelas marchent très bien dans le monde entier, de l'Europe du sud jusqu'à l'Asie. Côté insolite, on pourra ainsi découvrir "Blanca y pura" la première telenovela sous forme de dessin animé abordant les problèmes colombiens avec dérision, Blanche étant à la fois le nom de l’héroïne de la série et celle de la cocaïne ! La chaîne espère aussi s’appuyer sur le succès du cinéma latino des dernières années, commençant par la diffusion d’un cycle argentin, doublé d’un cycle de ciné cubain envoyé par l’Institut de la Havane.
Au total, une diffusion 24h sur 24h pour faire voir, sentir et écouter, en langue originale, la diversité latino-américaine.
Alice Pouyat (LPJ) 15 avril 2005
La latina TV sera présente dès le 17 avril sur CanalSatellite et sur d’autres réseaux de câble-opérateurs dans le courant de l’année.
Pour plus d’information : www.la-latina.com |