| Ecrit par Camille VAYSSETTES,
le 12-06-2006 22:00
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Les bureaux du Conseil des ministres et le Parlement palestinien ont été incendiés hier soir à Ramallah. Ce geste, fruit des tensions incessantes entre le Hamas et le Fatah, s'accompagne d'une reprise des violences avec Israël ce week-end. Attention, situation explosive
Entre Abbas et les Israéliens, le Premier ministre palestinien issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh, est loin de n’avoir que des amis… (Photo : AFP)
Un incendie criminel s'est déclaré hier soir au Conseil des ministres et au Parlement palestinien, à Ramallah. Ce geste, qui serait l'oeuvre de militants du Fatah, cristalise les tensions exacerbées au sommet de l'Etat entre le Hamas (majoritaire dans les deux institutions visées) et le Fatah, mouvement du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
D'un côté, Abbas compte toujours réaliser un référendum, le 26 juillet, sur son plan "d’entente nationale" – prévoyant la création d’un Etat palestinien mais aussi la reconnaissance d’Israël. De l'autre, le Hamas ne veut pas en entendre parler. Dimanche, lors d’une conférence de presse commune avec le Jihad islamique, le Hamas a expliqué qu’il s’opposait farouchement au référendum. Il se refuse de faire un geste de reconnaissance vis-à-vis de l’Etat hébreux.
Pour le Fatah, le Hamas doit démissionner du gouvernement
Hier, le parti islamiste a toutefois préféré, dans le cadre du Conseil législatif palestinien où il est majoritaire, repousser à la semaine prochaine le vote d’une motion visant à contrer la tenue du référendum. Officiellement pour que le plan ait encore une chance d’être adopter dans le cadre d’une concertation entre le Hamas et le Fatah ; officieusement pour continuer à négocier le contenu du texte et éviter qu’il soit présenté à la population dans sa version Abbas.
Mais pour le Fatah, le Hamas a déjà franchi le Rubicon et ses ministres doivent démissionner. En s’associant au mouvement terroriste du Jihad islamique, le Hamas a perdu le droit d’être un intervenant politique et se doit de "quitter le gouvernement", a déclaré hier le porte-parole du Fatah, Ahmed Abadel Rahman.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 13 juin 2006
Israël menace directement le Premier ministre palestinien
Par dessus tout, un regain de tensions avec Israël vient s’ajouter au marasme. Vendredi dernier, Tsahal, l’armée israélienne, a commis une grave bavure et tué huit civils palestiniens sur une plage de la bande de Gaza. Depuis la branche armée du Hamas a répliqué par des tirs de roquettes – une quarantaine dans le week-end et une dizaine hier – qui ont touché le sud d’Israël. Soit la fin de 16 mois de trêve.
Dans ce contexte, des affrontements ont pu être observés à Gaza entre partisans du Hamas et du Fatah, ces derniers accusant le Hamas de nuire aux intérêts palestiniens en raison de leur attitude vis-à-vis d'Israël.
Israël, pour sa part, a promis de faire preuve de "retenue" pour un certain temps, afin de mener l’enquête sur le geste malencontreux de Tsahal et de donner au gouvernement palestinien une chance de faire lui-même cesser les tirs en provenance de son territoire. Mais le président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset (Parlement israélien) n’a pas hésité à menacer nommément le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh d’un attentat ciblé sur sa personne en cas de poursuite des violences. (C.V - LPJ - 13 juillet 2006) Lire aussi
Le Monde, Les tensions interpalestiniennes menacent le référendum
Le Figaro, Le Hamas rompt la trêve avec Israël
L’Express, Proche-Orient - Nouvelle escalade de la violence
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