|
Le secteur agricole en Roumanie peine à se restructurer, et les inondations répétées ou le virus de la grippe aviaire ont aggravé la situation. Pressée de toutes parts à l’aube de l’entrée du pays dans l’Union européenne, l’agriculture roumaine doit trouver des solutions. Le “bio” pourrait-il en être une ? Sur les marchés, une grande partie des fruits et légumes ont été cultivés sans additifs chimiques (photo : LPJ)
“L’intégration dans l’Union européenne offre des opportunités pour l’agriculture écologique”, titrait lundi le journal Cotidianul. Selon le quotidien bucarestois, les occidentaux sont “très demandeurs” des produits dits “bio”, c’est-à-dire cultivés sans additifs chimiques, et seraient prêts à payer le prix – ces produits sont en général 20% plus cher que les produits conventionnels.
Pour Valeriu Steriu, ancien secrétaire d’Etat au ministère de l’agriculture, “de 15 à 25% des terres en Roumanie pourraient être utilisées pour faire de l’agriculture écologique”, avec l’idée d’exporter. D’une certaine façon, l’agriculture a toujours été “bio” en Roumanie. Du temps de Ceausescu, à côté des grands kolkhozes industriels, les petits agriculteurs roumains n’avaient pas les moyens d’acheter des pesticides. Et beaucoup d’entre eux continuent, faute de mieux, de cultiver “naturellement” pour survivre – une majorité de fermiers produiraient du lait “bio” sans le savoir…
Cependant, pour que cette agriculture “bio” soit aujourd’hui rentable et compétitive sur le marché européen, il est nécessaire de suivre certains principes que peu d’agriculteurs roumains sont prêts à adopter. Le cahier des charges imposé par les organismes de certification internationaux, comme le français Ecocert, sont extrêmement rigoureux. Pour cultiver des légumes, il faut notamment savoir remplacer les pesticides par tout un systéme de fertilisation dosé à base de végétaux naturels. Une alternative qui a encore du chemin à faire Pour le moment, l’agriculture écologique en Roumanie concerne environ 170.000 hectares de terre, et la plupart de ces propriétés sont financées par des capitaux européens. Exemple : la société Asi Global, créée en 1998, qui s’étend sur plus de 3000 hectares dans la région de Sibiu. Entre autres activités, Asi Global transforme du lait de chèvre pour confectionner un fromage Feta “bio” commercialisé dans plusieurs pays de l’Union européenne.
Pour que davantage d’agriculteurs roumains fassent de même, il faudrait d’abord revoir le mode de fonctionnement des programmes d’aide européens comme le SAPARD (développement agricole et rural), dont trop peu d’agriculteurs bénéficient. Interrogé par le LPJ, le professeur Mihai Berca, directeur d’Agrovet, entreprise spécialisée dans la gestion agricole, estime que “seuls certains agriculteurs avisés sauront exploiter ce filon écologique. De plus, ce type de pratique agricole concerne davantage les zones de montagne”
L.C. (LPJ) – mercredi 14 juin 2006
|