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POLITIQUE - Quand le terrorisme divise |
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lundi 12 juin 2006 |
Des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Madrid pour protester contre un projet de pourparlers entre le gouvernement socialiste et les séparatistes basques de l'ETA. En toile de fond : une extrême crispation politique entre droite et gauche sur la stratégie antiterroriste
Des centaines de milliers d'Espagnols se sont rassemblés samedi à Madrid pour protester contre un projet de pourparlers entre le gouvernement socialiste et les séparatistes basques de l'ETA. Environ 1,1 million de personnes selon le Partido Popular, et quelques 200.000 selon la police, ont répondu à l'appel d'un double slogan : "Négociations, pas en mon nom", référence à l'ETA, et "Nous voulons savoir la vérité", qui renvoie aux attentats islamistes du 11 mars 2004 que la droite estime non élucidés.
Enveloppés dans des drapeaux et brandissant des photos de leurs morts, des proches de victimes de l'ETA sous la banderole de l’AVT (Association des Victimes du Terrorisme) se sont joints à des dirigeants d'opposition pour dénoncer le projet du Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero. Près de 200 autocars avaient été affrétés de toute l'Espagne pour amener les protestataires, qui rejettent en bloc la politique du gouvernement socialiste visant à mettre fin à 38 ans de violence par la négociation.
"Il ne faut pas faiblir face à la bande terroriste ETA", pouvait-on entendre lors de cette manifestation, qui du propre aveu de l’AVT n’a pas battu les records d’affluence des trois précédentes manifestations. Les survivants des attentats perpétrés le 11 mars 2004 dans des trains de banlieue à Madrid ont rallié la manifestation antigouvernementale et demandé à Zapatero une enquête plus poussée sur ces explosions qui avaient fait 191 morts.
"Nous voulons connaître la vérité !", scandaient-ils sur la Plaza Colon. Une enquête de deux ans a écarté une implication du mouvement armé basque dans les attentats de Madrid, mais le Parti populaire, une partie des victimes et certains groupes de presse dont El Mundo, jugent encore possible que l'ETA y ait joué un rôle.
Crispation politique et amalgames.
Le rassemblement a pour toile de fond une extrême crispation politique entre droite et gauche sur la stratégie antiterroriste. Le Partido Popular estime que les socialistes ont franchi une ligne rouge en annonçant il y a peu qu'ils engageraient le dialogue avec Batasuna, formation nationaliste basque interdite par la justice pour ses liens avec l'ETA.
L’organisation, responsable de plus de 800 morts dans sa lutte insurrectionnelle pour un Etat indépendant a décrété le 22 mars 2006 un cessez-le-feu permanent. Mais dans les années 1990, le groupuscule a déjà rompu à deux reprises ce pacte, ce qui pousse des Espagnols, de tous bords politiques, à exiger des preuves concrètes de sa part.
José Luis Zapatero s'est dit samedi convaincu du soutien d'une large majorité à sa stratégie. Mais la tension entre partisans et sceptiques du processus de paix se manifeste aussi dans les rangs de la droite et dans ceux des victimes.
Cathy IRAOLA. (LPJ Madrid) mercredi 14 juin 2006
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