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La Roumanie connait depuis plusieurs années une croissance au beau fixe dans pratiquement tous les domaines. Ces derniers temps, le secteur de la construction est notamment en pleine expansion. Mais peut-être qu'une politique moins rigide pourrait accélérer encore davantage le rythme de développement de l'économie roumaine ?
A Bucarest, les chantiers poussent comme des champignons (photo : LPJ)
Selon l'Institut national des statistiques (INS), sur les quatre premiers mois de l'année, le produit intérieur brut (PIB) de la Roumanie a augmenté de 6,9% par rapport à la même période en 2005. Cette croissance du PIB en début d'année est la plus importante enregistrée depuis sept ans. Le niveau de consommation a notamment crû de 10,2%. Mais surtout, le secteur de la construction, bien qu'il ne représente que 4% du PIB, a connu une croissance de 20,4%…
"Ce secteur va croître davantage dans les trois prochaines années, car de nombreux projets sont sur la table, affirme Eric Royer, directeur commercial de Bouygues Roumanie. Ce n'est que le début".
Ces performances ont compensé les résultats plutôt moyens du secteur industriel (+4,8%), toujours en restructuration mais qui représente encore 26,6% du PIB, et de l'agriculture, en baisse de 5,3%. Les catastrophes naturelles récentes, en particulier la grippe aviaire, expliquent en partie ce mauvais score. L'année dernière, les inondations avaient provoqué une chûte de 13,9% du secteur agricole. Pour les services, pas trop de soucis, ils continuent leur progression à +6,8% pour le premier trimestre - ce secteur représente aujourd'hui 54% de l'économie nationale. Une croissance freinée ? Les investissements, notamment étrangers, restent au beau fixe, avec une hausse de 11,4%. Selon l'Agence roumaine pour les investissements étrangers (ARIS), le secteur des télécommunications en particulier attire les groupes étrangers, et a enregistré la plus forte hausse depuis quatre ans (près d'un milliard d'euros investis).
Tous ces chiffres sont dans l'ensemble de bon augure. Mais pour le rédacteur en chef du Ziarul Financiar, Sorin Pislaru, la crainte de l'inflation, restée stable à 0,47%, en accord avec les prévisions, freine trop la croissance. Interrogé par le LPJ, il explique que "la Banque nationale parle de surendettement et d'une inflation à contrôler de façon rigoureuse. De son côté, le gouvernement reste frileux dans ses dépenses alors qu'il y a eu un excédent budgétaire de 1% du PIB pour les quatre premiers mois de l'année (...) Heureusement que l'économie marche, mais il faut arrêter avec cette peur de l'inflation. Les affaires ont besoin d'argent".
L.C. (LPJ) - mardi 13 juin 2006
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