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Pisos Compartido 2 (Les Poupées russes) a déjà été vu par près de 15.000 spectateurs au Chili. Cinq ans après L’auberge espagnole et ses batifolages communautaires, Cédric Klapisch remet une partie de l’équipe en scène. Rencontre avec Romain Duris qui, dans ce film, aborde la crise de la trentaine
Romain Duris rêve de Jim Jarmush. (Photo : AFP)
LPJ : C’est ta cinquième collaboration avec Cédric Klapisch, comment expliques-tu une telle fidélité ?
RD : Ce qui me décide à faire un film, c’est bien sûr le scénario, un peu le lieu du tournage, mais surtout le fait de bien m’entendre avec l’équipe. Je connais l’imaginaire cinématographique de Klapisch et je sais que je cadre dedans. C’est aussi le cas par exemple, d’Olivier Dahan et de Tony Gatlif, avec qui j’ai fait trois films. Il y a des cinéastes que j’apprécie en tant que personnes et notamment Cédric, parce que les semaines de tournages sont un bon moment. En plus, sur Les poupées russes, j’ai retrouvé une partie de la bande de L’auberge espagnole : Cécile de France, Kelly Reilly, Audrey Tautou et Kevin Bishop. Ça ne pouvait que coller au niveau personnel. LPJ : En plus de ces personnes récurrentes dans ton parcours, y a-t-il des réalisateurs avec qui tu rêves de travailler ?
RD : Avoir travailler avec Jacques Audiart était une envie très forte chez moi, qui s’est concrétisée il y a quelques mois avec De battre mon cœur s’est arrêté. Il y a une autre réalisatrice française dont l’univers m’attire beaucoup, c’est Claire Denis. Mais là, je crains qu’au niveau humain ça coince. Sinon, mon rêve serait de travailler pour l’Américain Jim Jarmush. Je l’ai eu tout près de moi un jour, lors d’un Festival de Cannes. J’aurais pu m’approcher pour lui parler mais je me suis senti trop gêné pour le faire. Et puis une amie actrice m’a dit que ça se faisait d’écrire aux réalisateurs qu’on aimait bien. Je me suis donné un mal fou, j’ai rédigé toute une lettre en anglais et je l’ai envoyée. Je n’ai jamais eu de réponse ! LPJ : Tu reprends le personnage de Xavier, qui a vieilli, comme toi, et le film suit cette évolution en temps réel. On peut penser au début d’un cycle façon Antoine Doisnel chez François Truffaut ?
RD : Suis-je un nouveau Antoine Doisnel / Jean-Pierre Léaud ? Pour l’instant il n’y a vraiment rien de défini, je ne sais vraiment pas si l’aventure de Xavier va se poursuivre. Tout ce que je peux dire c’est que Cédric en aurait peut-être envie et que moi je ne serais pas contre…
LPJ : Hormis des rencontres, que gardes-tu de tes tournages ?
RD : J’ai eu l’opportunité grâce à certains films de me mettre à des activités que je ne maîtrisais pas du tout. Par exemple, pour Arsène Lupin, j’ai appris à monter à cheval ; dans De battre mon cœur s’est arrêté, c’était le piano, et un autre instrument, la trompette, avec Pas si grave. En fait, on peut devenir assez bon en s’exerçant pendant trois mois, six heures par jour, sur un instrument inconnu. Il faut vraiment s’appliquer et maîtriser la technique pour jouer un virtuose crédible, même si ça doit être doublé après. Mais ce qui est frustrant, c’est qu’après le tournage, on n’entretient pas toujours ce qu’on a appris et on perd assez vite. En plus de tout ça, il y a eu les langues aussi. J’ai dû jouer aussi plusieurs fois dans des langues étrangères, en anglais, en espagnol bien sûr, mais aussi en rom, la langue des gitans, dans Gadjo Dilo.
LPJ : Et dans Les poupées tu as appris le russe ?
RD : Non, moi non ! Par contre Kevin Bishop, qui joue William, a une petite fiancée russe dans le film, donc lui il a dû s’y mettre !
Propos recueillis par Camille VAYSSETTES. (LPJ) 9 juin
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