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ECO - L'Ecureuil veut faire dans le détail en rémunérant ses comptes courants |
La Caisse d’Epargne a annoncé hier matin qu’elle va proposer à ses clients des comptes courant rémunérés à hauteur de 0,5 et 1%. Alors que le gouvernement a salué la nouvelle, les groupes bancaires français et les associations de consommateurs se sont montrés sceptiques
Les comptes courant de la Caisse d’Epargne seront rémunérés à hauteur de 0,5% et 1%. (Photo : AFP)
Le quotidien économique La Tribune avait lancé la rumeur mardi, dans un article où il annonçait la décision des dirigeants de la Caisse d’Epargne de lancer un compte courant rémunéré. Hier, le groupe bancaire a confirmé les dires du journal, avec sa proposition de « rémunérer entre 0,5 et 1% tout euro déposé sur les comptes bancaires des clients » et ce à partir d’aujourd’hui. L'Ecureuil a ajouté à cela que les chèques ne seront pas facturés et que les tarifs des autres produits et services ne seront pas augmentés.
Le but de la manœuvre : se concentrer sur la banque de détail en faisant gonfler le nombre de comptes courants, qui attirent moins la clientèle que les comptes-épargne. La nouvelle a été bien accueillie par le gouvernement, Thierry Breton, ministre de l’Economie, ayant salué « l’excellente initiative pour les consommateurs ».
S’il s’agit d’une grande première -la rémunération de ce type de comptes était interdite jusqu’à maintenant en France-, il est probable que certains groupes, et surtout la Caixa Bank France, s’engouffrent très rapidement dans la brèche ouverte par l’Ecureuil. La Caixa avait, en effet, déjà fait une tentative dans ce sens en 2002, et annonce aujourd’hui qu’elle offrira à son tour un taux de rémunération brut de 1,5% à partir de 1.500 euros déposés.
Un « bon coup marketing »
Mais l’engouement de départ a tout même vite laissé place au scepticisme. La plupart des grands groupes bancaires français, comme le Crédit Agricole, la Société Générale ou encore BNP-Paribas, se sont montrés réticents, qualifiant l’annonce de « bon coup marketing ». Ces derniers ne semblent pas prêts à suivre le mouvement puisque, d’après eux, si la rémunération ne dépasse pas les 1%, la clientèle ne sera pas tentée de changer de banque.
Du côté des associations de consommateurs, on considère que la décision est loin d’être la panacée. Pour Nicole Perez, d’UFC-Que Choisir ?, et ce malgré les déclarations des dirigeants de la Caisse d’Epargne, la banque cherchera forcément à récupérer son manque à gagner, aussi petit soit-il, sur d’autres services. Mais surtout, d’après les calculs de l’association, « il faudrait laisser constamment 1.000 euros sur son compte pour recevoir cinq euros, soit trois euros par an après impôts ».
Sachant que les forfaits de services sont facturés six euros par mois, et que les bénéficiaires des comptes rémunérés qui ne souscriront pas au forfait devront payer 50 centimes d’euros mensuels à la Caisse d’Epargne, les consommateurs ont moins de chances d’en sortir gagnants.
Julie Samit. (LPJ) 14 avril 2005
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