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CINE - "Ce n’est pas l’Arme fatale" |
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jeudi 01 juin 2006 |
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Tiempo de Valientes est un film qui allie humour et aventure d’une manière très fine. Avec Damian Szifron, un jeune réalisateur argentin, l’expression "comédie policière" n’est plus contradictoire
Avant même de voir le film, l’affiche de Tiempo de Valientes, de Damian Szifron, annonce la couleur. "Ce n’est pas l’Arme fatale, c’est la comédie argentine de l’année". Bien optimiste, le jeune réalisateur... mais il y a de quoi. A 30 ans, Damian Szifron en est à son deuxième film et est l’auteur d’une série -"Los simuladores"- qui connaît un fort succès sur les écrans espagnols.
Dans chacune de ses réalisations, le réalisateur argentin procède à un savant dosage entre humour et action. Mais justement, ce qui différencie Tiempo de Valientes de l’Arme fatale, c’est le degré d’humour. Dans le film argentin, il vaut mieux tout prendre au second degré. Ainsi, lorsqu’un gangster continue à manger alors que le cadavre de la personne gît à côté de lui, il ne faut pas s'offusquer, mais bien sourire. Mais c’est dans la critique de la police argentine que Damian Szifron exalte. Le psychanalyste Mariano Silverstein, interprété par le talentueux Diego Perretti, doit suivre l’agent Alfredo Diaz (Luis Luque) dans le cadre d’un travail d’intérêt général. Le premier va se prendre d’amitié pour cet inspecteur, déprimé par l’infidélité de sa femme. Mais la relation s’inverse vite.
Mélange des genres
On ne sait plus très bien qui est le héros, s’il y en a un, ni où se trouvent le bien et le mal. Les policiers sont ripoux ou incompétents, les truands sont stéréotypés à en être risibles... Bref, point de manichéisme ici. Seul le comique prévaut, certes entrecoupé de bagarres ou de fusillades. Seul bémol peut être : cette histoire d’amitié entre deux hommes ne laisse de place qu’à un seul rôle féminin, qui pour le coup est plutôt grotesque. De même, les femmes y trompent systématiquement leur mari. "C’est ainsi que va le monde", explique le réalisateur avec un large sourire... tout en se défendant bien d’être macho : selon lui, une femme ne représente pas toutes les femmes. C’est bien rattrapé.
Damian Szifron souhaiterait que le cinéma argentin ne soit plus divisé entre les films de types commerciaux et les films intellectuels. Pari réussi dans Tiempo de Valientes. On sort avec le sourire aux lèvres sans pour autant avoir été abruti.
Patricia LALLO. (LPJ) 2 juin 2006
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