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Hier matin, une bombe artisanale a explosé près du lieu de résidence du ministre de la Culture, Georges Voulgarakis. Pas de blessé, mais des dégâts matériels sévères
Vers 7h40 hier matin, les habitants du quartier du Lycabette, au centre d'Athènes, ont été réveillés par une forte détonation, due à l'explosion d'un engin artisanal. D'après la police, la bombe en question visait le ministre de la Culture, Georges Voulgarakis. Aucune revendication n'a encore été faite.
Placé dans un sac de voyage accroché à une bicyclette, l'engin se trouvait à 200 m de l'appartement du ministre, au croisement des rues Doxapatri et Sarantapihou. L'incident a endommagé deux voitures, entre lesquelles se trouvait la bicyclette. Des debris de carosserie ont par ailleurs été projetés à plus de 10 mètres, atteignant les fenêtres d'une école, heureusement vide à cette heure matinale.
Au moment de l'explosion, la voiture de la brigade spéciale de détection d'explosifs (TEEM) était garée en face du lieu fatidique. Comme chaque matin, deux officiers et leur chien chargés de vérifier les voitures stationnées autour de la résidence du ministre avaient commencé leur travail d'inspection. La sortie du ministre était prévue dans les minutes suivantes.
La démocratie menacée
A droite comme à gauche, cet attentat a été fortement condamné. "Chaque bombe, en période de démocratie, vise la démocratie elle-même et non pas des individus en particulier. J'ai entièrement confiance dans les forces de police", a réagi de son côté le ministre Voulgarakis, quelques heures après l'explosion.
Récemment, Georges Voulgarakis avait déjà reçu des menaces. L'actuel ministre de la Culture, qui occupait auparavant le poste de ministre de l'Intérieur, se trouve au centre du scandale d'écoutes téléphoniques qui a secoué le pays cet hiver, impliquant la société de télécommunications Vodaphone. Il se trouve aussi sous la pression d'associations de défense des droits de l'homme, qui le soupçonnent d'avoir couvert une affaire d'enlèvements d'immigrés pakistanais, après les attentats de Londres en juillet dernier.
Delphine Millet Prifti (LPJ Athenes) 31 mai 2005
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