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SOCIAL - La colère des facs grecques |
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lundi 29 mai 2006 |
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Les étudiants suivent le mouvement de leurs professeurs et bloquent leurs universités
pour protester contre les mesures sociales discutées par le
gouvernement. Il y est question d'autonomiser les facs via des fonds
privés, et d'une certaine précarité de l'emploi. Un air de
CPE à la grecque ?
Jeudi 25 mai, ils étaient 8000 à protester dans les rues d’Athènes, et 1000 à participer au débat qui a suivi la manifestation. Celle-ci était à l’appel de 80 Assemblées étudiantes provenant d’universités occupées ou non. Les étudiants affirment vouloir mettre en place un mouvement comparable à celui qui a eu lieu en France pour protester contre le projet de loi instituant le C.P.E. Ce mouvement, lancé très peu de temps avant les examens du second semestre, risque fort de perturber le planning universitaire : il se peut que les examens soient reportés à septembre.
Vaste révision constitutionnelle
Les universitaires protestent contre le projet de loi du gouvernement. Certaines mesures concernent en effet directement le fonctionnement même des universités grecques via son financement. Car les étudiants estiment que l’introduction de fonds privés fera des universités, des institutions à but lucratif.
Par ailleurs, les livres qui étaient jusqu'à lors fournis gratuitement, seront à la charge des étudiants. Les aides financières destinées à aider ceux qui en ont besoin seront diminuées et la loi qui interdisait alors formellement l’entrée des universités aux forces de l’ordre supprimée.
La modification de l’article 16 de la Constitution grecque qui institue l’éducation gratuite pour tout citoyen fait craindre aux manifestants la création d’institutions privées reconnues par l’Etat. Les étudiants voient en fin de compte dans ce projet de lois la création d’un système universitaire élitiste, réservé aux classes sociales les plus riches. Enfin des mesures concernant l’emploi, vont être discutées par le gouvernement qui souhaite rendre le marche du travail plus flexible afin de faire face à la crise économique. Elles sont elles aussi vivement désapprouvées par les étudiants.
Revendications
Les étudiants souhaitent le maintien de la législation actuelle et demande une éducation gratuite pour tous, ainsi que la gratuité du logement, des livres et de la restauration scolaire. Ils demandent aussi, a l’instar des étudiants français, le droit à un emploi autre que précaire.
Pour cela, l’appel au blocage des universités et aux manifestations a été lancé. La prochaine manifestation aura lieu ce jeudi 1er juin, date à laquelle les professeurs débuteront leur mouvement de grève à durée indéterminée. Les étudiants se mobilisent et lancent un appel aux syndicats de travailleurs afin d’unir leurs forces.
Helene Flodrops (LPJ Athènes) 30 mai 2006
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