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Dans son rapport sur les droits de l'homme dans le monde en 2005, publié cette semaine, Amnesty International met en avant certains problèmes qui persistent en Roumanie. Au premier rang : la discrimination envers la communauté rrom. Mais les mauvais traitements sur mineurs, l’intolérance envers la communauté homosexuelle et le sort des malades mentaux inquiètent également l’ONG
Malgré la campagne lancée en 2005, la discrimination envers la communauté rrom reste importante. (Photo : LPJ)
Malgré la campagne lancée en 2005, dans le cadre de la décennie des Rroms, pour mettre un terme à la discrimination de cette communauté, les problèmes demeurent. Dans son rapport sur les droits de l'homme dans le monde en 2005, publié cette semaine, Amnesty International pointe aussi du doigt les propos à connotation raciste de certains médias et de certains politiques.
"A deux reprises, le maire de Craiova s’est vu infliger une amende par le Conseil national de lutte contre les discriminations pour avoir exprimé des opinions racistes en public. Contraint de démissionner de son poste de vice-président du PSD, il a conservé ses fonctions de maire de Craiova", déplore le rapport. Et de souligner également que "les règles de procédure du Conseil national de lutte contre les discriminations instauré par le gouvernement ne permettent pas d’effectuer des enquêtes indépendantes garantissant un recours efficace et une réparation appropriée aux victimes de discrimination".
De plus, selon la Fondation pour une société ouverte, 75% des Roumains ne souhaitent pas habiter à proximité de Rroms.
Les malades mentaux pas traités comme ils le faudrait
Amnesty International a d’autres inquiétudes en Roumanie, comme le sort des patients d'hôpitaux psychiatriques, évoquant notamment les faits survenus à l’hôpital psychiatrique de Poiana Mare : en 2004, 17 patients étaient morts d’hypothermie et de malnutrition. La procédure judiciaire alors entamée avait été vite close, la responsabilité du personnel n'ayant pas été établie. En novembre dernier, les autorités ont annoncé la fermeture prochaine de cet établissement. L'ONG cite aussi le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale, établissant que "la jouissance du droit à des soins de santé mentale demeure davantage une aspiration qu’une réalité pour de nombreuses personnes souffrant de troubles mentaux en Roumanie".
Amnesty International critique également l'absence d'enquête en bonne et due forme dans plusieurs affaires de mauvais traitements infligés à des mineurs par la police. Malgré les déclarations des victimes, les autorités ont conclu que les mineurs s'étaient blessés seuls ou avant leur arrestation.
Enfin, le rapport évoque l'intolérance envers la communauté homosexuelle, qui persiste malgré la dépénalisation de l'homosexualité en 2001. Exemple, les oppositions – de l'église orthodoxe et de la mairie de Bucarest notamment – apparues lors de l'organisation de la première "gayfest" du pays. La manifestation avait finalement pu se dérouler sans incident, mais seulement après une intervention du chef de l’Etat, qui s’était réuni en urgence avec le maire de Bucarest.
F.C. (LPJ – Bucarest) 26 mai 2006
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