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CINE - Monsieur le Président |
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jeudi 14 avril 2005 |
Avec Le promeneur du Champs de Mars, Robert Guédiguian relate les derniers mois de François Mitterrand et offre à Michel Bouquet l’opportunité d’une composition magistrale
Michel Bouquet, le cœur et la chair du dernier Guédiguian. (Photo : Filmoblige)
Le promeneur du Champs de Mars est une œuvre rare, atypique dans la filmographie de son auteur comme dans le paysage cinématographique français en général. En adaptant le livre de Georges-Marc Benamou qui relate les derniers mois du règne de François Mitterrand, Robert Guédiguian délaisse la chaude lumière du Sud et sa troupe de comédiens récurrents et lance un pavé dans la mare.
Tandis que les Américains n’hésitent pas, pour le meilleur ou pour le pire, à porter à l’écran les mythes et les figures de leur histoire la plus contemporaine, les réalisateurs français s’étaient jusqu'à présent abstenus. Le promeneur du Champ de Mars ouvre la voie, de façon très épurée, en relatant les conversations entre le Président à la fin de son second septennat et un jeune journaliste chargé de recueillir ses propos.
Incarnation
Ici, pas de grande fresque mettant en scène les intrigues du pouvoir ou les détails de la vie politique du moment. L’entourage de François Mitterrand est réduit à quelques silhouettes, son médecin, un chauffeur… Rien non plus des polémiques qui ont accompagné la sortie du livre. Robert Guédiguian a choisi, avec une certaine hauteur, de se concentrer sur un homme complexe et malade, troublé par la proximité de la mort et fascinant à bien des égards.
Entre le vieil homme et le journaliste se déroule le fil de la transmission, le lien des générations. Même si on ne sait pas très bien pourquoi il a été choisi, le jeune homme est notre relais, notre passeur. Il est aussi celui qui tente de raccorder les âges de la vie de celui qu’il rencontre, qui enquête à Vichy et peine à arracher de derniers éclaircissements. Jalil Lespert assume fort bien ce rôle de réceptacle, parfois bousculé par les exigences de sa charge.
Face à lui, Michel Bouquet propose un travail d’acteur saisissant. Plus qu’un acteur de composition, il est une incarnation savante et profonde, bien au-delà de l’imitation ou de la ressemblance physique. Tour à tour espiègle, glaciale, douloureuse, opaque, dure, fragile et humaine, la performance de cet immense comédien est le cœur et la chair du film de Guédiguian.
Jean Marc Jacob. (LPJ) 15 avril 2005
Le promeneur du Champ de Mars, de Robert Guédiguian avec Avec Michel Bouquet, Jalil Lespert, Philippe Fretun
http://www.lepromeneurduchampdemars.com/ |