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MONDIALISATION - L'exil des Capusnarii bouleverse le marché du travail |
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mardi 23 mai 2006 |
Deux
millions de Roumains travaillent à l'étranger, sur les terres
ensoleillées d'Espagne ou d'Italie. Par leur envoi d'argent, ils
contribuent à la croissance du pays. Mais ce phénomène entraîne aussi
une pénurie de main-d'oeuvre dans certains secteurs
Dans certains
villages, comme ici en Bucovine, des dizaines de Roumains choisissent
de partir travailler à l'étranger. (Photo LPJ)
Irlande, Canada,
Allemagne, Italie, France ou Espagne... On estime à plus de 2 millions
le nombre de Roumains qui travaillent à l'étranger. En Espagne, le
nombre de travailleurs agricoles roumains est tellement important que
le terme "capsunarii", désignant les ouvriers ramassant les fraises,
a fait son entrée dans le dictionnaire !
Tous ces
travailleurs exilés envoient régulièrement de l'argent à leurs
familles, restées au pays. Par ces envois d'argent, ils contribuent à
4% du PIB roumain. En 2005, ils auraient ainsi fait rentrer près de 4,3
milliards d'euros selon la Banque Nationale roumaine…
Ce phénomène
n'est d'ailleurs pas spécifique à la Roumanie et se retrouve dans
l'ensemble de la région balkanique. Selon un récent rapport de la Berd
(banque européenne de développement), ces travailleurs de l'étranger
ont fait entrer plus de 20 millions de dollars dans les pays des
Balkans en 2005… Une somme plus que conséquente et sans doute bien en
deça de la réalité, puisque une grande partie de l'argent envoyé n'est
pas déclaré.
Quand la main d’œuvre fiche le camp
Dans certains
villages du pays, en Bucovine par exemple, ils sont des dizaines à
avoir migré à l'étranger, dans l'espoir de gagner un meilleur salaire,
bien supérieur à ce qu'ils peuvent toucher en Roumanie, où le revenu
moyen avoisine les 200 euros.
Conséquence de
cet exil, certains secteurs de l'économie roumaine sont confrontés
à une pénurie de main d'oeuvre.
Le bâtiment, par exemple, commence à
souffrir de cette fuite des travailleurs. Le nombre de maçons roumains
exerçant leur profession à l'étranger est estimé à 200 000, pour des
salaires oscillant entre 800 et 1000 euros en moyenne. La fédération du
BTP s'est récemment inquiétée de ce phénomène, estimant que le pays
allait manquer de 50 000 maçons dans les quatre prochaines années.
Mais
le symbole éclatant de cette nouvelle tendance du marché de l'emploi
roumain est l'annonce faite récemment par une entreprise de textile de
Bacau, dans l'Est du pays. La société a décidé de recruter 1500
ouvrières chinoises, faute de trouver de la main d'oeuvre sur place.
Le premier signe, sans doute, d'une évolution progressive de la Roumanie en un pays importateur de main d'oeuvre.
(LPJ - Bucarest) 24 mai 2006
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