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IMMIGRATION - L'Espagne a un plan |
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lundi 22 mai 2006 |
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Depuis janvier 2006, 7.348 immigrés illégaux originaires d'Afrique ont débarqué sur les côtes des îles Canaries. Confrontée à l'une des plus puissantes vagues d'immigration clandestine de son histoire, l'Espagne a lancé vendredi dernier son "plan Afrique", destiné à mieux négocier des plans de coopération et de rapatriement
Depuis plusieurs années, le phénomène n'a cessé de croître : découragés par le renforcement des contrôles au Maroc et sur la côte sud de l'Espagne, les candidats à "l’eldorado européen" se rabattent sur l'île canarienne de Tenerife. Selon les données de la préfecture, le nombre total de clandestins africains arrivés aux Canaries a atteint, depuis le début de l'année, le chiffre record de 7.384 personnes, soit cinq fois plus qu'au cours de la même période, l'année dernière.
Cela ne va pas sans conséquences dramatiques. Selon la Croix-Rouge, 20% des Africains meurent en mer, lors de traversées hasardeuses pouvant atteindre 1.500 km. Encore marquée par les drames de Ceuta et Melilla, au cours desquels 16 personnes avaient trouvé la mort en 2005, Madrid rappelle que plus de 90 % des clandestins africains qui débarquent sur le sol espagnol proviennent de pays francophones et que leur intention est de s'installer en France ou en Belgique.
Ouverture d’ambassades en Afrique
Pour faire face à cette vague d’immigration sans précédent, Madrid a formalisé en Conseil des ministres, vendredi 19 mai, une vaste offensive diplomatique : le "Plan Afrique". Objectif : préparer des plans de coopération économique et d'aide financière ainsi que la signature d'accord de rapatriement des immigrés clandestins, pour enrayer le phénomène.
Ce plan implique l'ouverture d'ambassades au Mali, au Soudan et au Cap-Vert, pour renforcer un maillage diplomatique relativement faible sur ce continent. L'autre axe de cette politique revient à "fixer" les candidats à l'immigration en accélérant les programmes de développement de leur pays d'origine.
Lancé par l’Espagne, le Plan Afrique est programmé sur trois ans. Il vise à améliorer les relations diplomatiques entre l’Espagne et les pays d'Afrique de l'Ouest qui se verront d’ailleurs attribuer une aide publique au développement plus conséquente. L'idée est de réduire les causes -souvent économiques- de l'exil, et de rendre moins acceptables les risques liés à l'immigration clandestine.
Mais Madrid sait que cela ne suffira pas. Le gouvernement espagnol compte beaucoup sur la mobilisation internationale, en rappelant que le problème ne s'arrête pas aux Pyrénées.
Cathy IRAOLA. (LPJ Madrid) 23 mai 2006
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