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CINE - A la mode de chez Almodovar |
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mardi 23 mai 2006 |
Pedro se porte au mieux. Alors que Paris lui consacre une exposition entière en ce moment ("Exhibition"), le réalisateur espagnol vient de recevoir le prix Asturies des Arts. Une récompense reçue notamment par Woody Allen en 2002. Flash-back sur la carrière de celui qui a su si bien filmer la libération culturelle de la société espagnole
En partance pour le Festival de Cannes où son film Volver est en lice pour la Palme d’Or, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar a reçu mercredi 17 mai le prix Asturies des Arts, une des plus prestigieuses distinctions espagnoles. Présidée par le prince Felipe, cette association décerne chaque année huit récompenses aux personnalités marquantes dans les domaines des Arts, des Lettres ou de la Recherche en particulier.
Pourtant habitué aux prix et aux honneurs, le réalisateur a déclaré, ému, "qu’il y avait peu de prix comparable à celui-ci", et a profité de l’occasion pour remercier "toutes les personnes qui l’ont aidé". Les membres du jury ont voulu gratifier le travail du cinéaste manchego, qui repart avec 50.000 euros, et ont évoqué "une œuvre enracinée dans une société espagnole ouverte à de profonds changements et qui a acquis une dimension universelle à travers un langage original d’une grande richesse expressive, capable de synthétiser la complexité humaine".
La Movida d’Almodovar
Long est le chemin parcouru par le turbulent Pedro, né dans une famille modeste du Centre du pays en 1951. En 1967, à l’âge de 16 ans, il débarque plein de rêves à Madrid. Autodidacte, il apprend son métier sur le tas. Après un nombre considérable de films amateurs en super 8, il réalise son premier film, Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier en 1980. Mais c’est avec Talons Aiguilles (1991), un cocktail explosif de larmes, de sueurs et de rires en chansons, qu’il prend son envol vers le succès et devient le premier espagnol depuis Buñuel à connaître un écho international.
Rapidement, il incarne la movida et exprime toutes les audaces de la société espagnole. Tout sur ma mère (2000) a obtenu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2000 et l’oscar du meilleur film étranger. Plus récemment, la revue Time considère Parle avec elle (2002) comme le meilleur film de la dernière décennie. La morale, la religion, l’amour, la mort sont autant de thèmes qui planent dans chacun de ses 16 films réalisés.
Maître dans l’art de mélanger des récits classiques presque traditionnels et des déviances d’aujourd’hui et de toujours, les films du cinéaste sont inclassables. Provocateur et exubérant, Almodovar s’autorise toutes les audaces et mélange de manière fraîche, presque "naturelle", les morales incorrectes et les sexualités désinhibées. Aujourd’hui Almodovar colle à la peau d’une Espagne vivante, colorée, décomplexée. Un cinéaste de la limite né pour faire des films.
Cathy IRAOLA. (LPJ) 23 mai 2006
Volver : Comédie dramatique de Pedro Almodovar avec Penélope Cruz et Carmen Maura. Durée : 1h20
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