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Chacun utilise internet à sa manière : les annonceurs pour vendre, les particuliers pour acheter. Mais face à la crise du logement, de jeunes Espagnols se sont servis de ce moyen de communication pour dénoncer la hausse des prix. Rassemblements hors ligne prévus un peu partout en Espagne
Légende: La spéculation foncière est dans la ligne de mire du mouvement de protestation en marche parmi les jeunes
On connaissait les annonces de vente ou d’achat d’appartements sur internet. Les mêmes sites ont vu dernièrement fleurir des messages d’un nouveau genre. Des anonymes ont ainsi lancé un appel à travers toute l’Espagne, via le web, pour protester contre le prix des loyers.
Internet, portables, les technologies sont de plus en plus mises au service de grands rassemblements. Ainsi se souvient-on que le "macrobotellon" de mars dernier, qui a réuni des milliers de jeunes dans les rues, était parti d’un message électronique.
La semaine dernière, ce sont des milliers de personnes qui se sont réunis dans les principales villes d'Espagne. Parmi les revendications figuraient la lutte contre les prix élevés, la spéculation ou la pénurie de logements sociaux.
"Nous avons tous le droit à un logement digne"
Sans autre choix, les Espagnols tardent à quitter la maison familiale. Le dernier rapport du OBJOVI, un observatoire qui dépend du Conseil de la jeunesse d’Espagne, montre qu’en moyenne, les moins de 34 ans consacrent 53.7% de leur salaire dans l’achat d’un appartement. Selon l'Institut National des Statistiques, entre 1987 et 2005, les prix des logements ont augmenté de 250% alors que les salaires ont à peine dépassé l'IPC (Indice de prix à la consommation). Le prix moyen d’un logement dans les grandes villes comme Madrid ou Barcelone atteindrait désormais en moyenne 5.000 euros le m2. Alors, faites le calcul… l’achat d’un bien foncier n’est pas une mince affaire. Et les jeunes en ont assez d'opter pour la colocation.
En parallèle, les sites d’annonces se multiplient. Mais à Barcelone où les prix sont plus élevés qu’à Madrid, les annonces restent deux fois plus de temps que l’année dernière, soit six mois. Avec des prix croissants, les preneurs se font rares. Petite lueur d’espoir toutefois : la hausse des prix devrait ralentir cette année : 10% au lieu des 15% de 2005.
Qu’importe, hier des centaines défilaient dans les rues et un appel à un nouveau sitting est lancé pour dimanche 28 mai dans toute l'Espagne. Car les jeunes Espagnols n’entendent pas s’asseoir sur leurs droits au logement.
Patricia LALLO. (LPJ - Barcelone) 22 mai 2006
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