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PORTRAIT - Monseigneur Bergoglio, le « papabile » argentin |
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lundi 11 avril 2005 |
Les 130 cardinaux présents à Rome ont entamé hier une période d'introspection -dite de Congrégation- au cours de réunions quotidiennes de prière et de réflexion. Parmi eux se trouve Monseigneur Jorge Mario Bergoglio, le « papabile » argentin, archevêque de Buenos Aires et primat d’Argentine
Monseigneur Bergoglio dédie beaucoup de temps aux paroisses les plus pauvres. (Photo : AFP)
Avant le Conclave, fixé au 18 avril, les 130 cardinaux présents à Rome ont entamé hier une période d'introspection, dite de Congrégation. Il s’agit d’une analyse préparatoire des cardinaux sur la situation générale de l’Eglise dans le monde et des expériences pastorales personnelles de chacun des « papabili ».
Parmi ces prélats se trouve l’argentin Jorge Mario Bergoglio, 68 ans, archevêque de Buenos Aires depuis 1998 et premier jésuite à avoir été nommé primat d’Argentine, en 2001. Né en 1936 à Buenos Aires, fils d’un employé ferroviaire, il est d’origine modeste. Après un diplôme de technicien chimiste, il rentra au séminaire de la ville de Devoto (province de Buenos Aires). Puis en 1958 il s’intégra à la Compagnie de Jésus. Avec une licence en philosophie, il enseigna la littérature au célèbre collège de L’Immaculée à Santa Fé, dans la province du même nom.
Quatre ans après son ordination en 1969, il fut nommé supérieur provincial des jésuites en Argentine, charge qu’il exerça pendant six ans tout au long d’une période difficile de la dictature dans le pays. Sa conduite à cette époque est sujette à polémique en Argentine en ce qui concerne la détention de deux prêtres, ultérieurement libérés Les uns lui reprochent de n’avoir pas défendu les jésuites compromis socialement mais d’autres avancent qu’il a préservé la congrégation d’une crise majeure.
Toujours près des plus déshérités
Il fut ensuite transféré en Allemagne pour une longue période d’études, afin de compléter sa thèse doctorale. A son retour en Argentine, en 1981, il fut nommé proviseur du Collège Máximo de San Miguel et des facultés de Philosophie et de Théologie de l’USAL (Universidad de San Salvador, Buenos Aires). Puis, très rapidement, il se confina dans la province de Córdoba comme simple curé chargé d’une petite paroisse jésuite. En 1992 il revient à Buenos Aires à la demande de Antonio Quarracino, alors archevêque de la ville, qui se l’attache comme son évêque auxiliaire.
Jorge Bergoglio soutient une doctrine conservatrice, particulièrement en ce qui concerne l’avortement et l’euthanasie, le contrôle de la natalité, l’homosexualité et l’ordination des femmes prêtres. C’est un homme silencieux qui évite soigneusement aussi bien les médias que les hommes politiques. Il communique à travers ses homélies où il ne manque pas de dénoncer la corruption de la classe politique et la crise des valeurs de la société argentine.
Ce « papabile » est très aimé et écouté par la classe moyenne appauvrie et par les déshérités dans, un pays où la moitié de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Lui vit très simplement : il a refusé d’habiter le somptueux petit hôtel de l’archevêché de Buenos Aires, il se déplace en métro en en bus et il dédie ses fins de semaine aux visites de paroisses défavorisées et des bidonvilles de la périphérie de la ville.
Deux facteurs joueront contre lui à Rome : sa santé fragile (il n’a qu’un poumon, suites d’une opération subie à l‘âge de 20 ans) et son manque d’expérience dans les affaires centrales de l’Eglise.
Suzanne THIAIS. (LPJ) 12 avril 2005
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