|
Malgré une légère hausse, l’indice de fécondité reste très faible en Italie : 1,34 enfant par femme. La population, vieillissante, risque de bientôt diminuer. Mais le pays a jusqu’à présent refusé de mettre en place une politique en faveur de la famille
Photo LPJ - Les Italiennes ont en moyenne 1,34 enfant
L’Italie peut se réjouir d’avoir vu naître quelques bébés en plus en 2005. Mais on est encore loin du renouvellement des générations. D’après les chiffres de l’Istat (Istituto nazionale di statistica) parus fin avril, l’indice de fécondité (*) a atteint 1,34 enfant par femme, contre 1,33 l’année précédente. Depuis 1995, où il a atteint son niveau le plus bas à 1,15, cet indice n’a cessé de croître en Italie. Mais la natalité reste l’une des plus faibles d’Europe (1,4 enfants par femme en moyenne), au côté de l’Ukraine, la Tchéquie, la Biélorussie, la Pologne et la Slovaquie (1,2). Avec 1,94 enfant par femme, la France fait partie du peloton de tête, juste derrière l’Irlande (2 enfants par femme).
En Italie, les naissances et l’immigration ne permettent pas d’assurer le renouvellement des générations. En 2025, le pays devrait compter 57,6 millions d’habitants, c’est-à-dire un million de moins qu’aujourd’hui (58,7 millions d’habitants en 2005). Autre conséquence directe d’une faible natalité, la population vieillit. Ainsi, en 2005, les plus de 65 ans, un cinquième de la population italienne, sont plus nombreux que les moins de 15 ans.

Les bébés et la politique
Les difficultés économiques expliquent en partie ce niveau très bas de natalité. Mais le facteur politique joue également un rôle déterminant. En Italie, les bébés restaient jusqu’à présent une affaire de famille, dont l’Etat n’a pas à se mêler. L’exemple français montre pourtant qu’une politique en faveur de la famille permet d’obtenir des résultats. Allocations dès le premier enfant, aides pour la garde, école maternelle à partir de 3 ans, fiscalité attractive… constituent autant de mesures efficaces. Surtout, pour les femmes, la possibilité de concilier vie professionnelle et vie familiale devient un enjeu majeur. Les Françaises estiment aujourd’hui qu’elles peuvent tout à fait avoir deux enfants et travailler, ce qui n’est pas le cas en Allemagne ou en Italie. Pendant la campagne électorale, Romano Prodi avait promis 200 euros par mois pour chaque enfant de 0 à 3 ans. Peut-être quelques bébés en plus en 2006.
Corentine GASQUET - LPJ Milan - vendredi 19 mai 2006
(*) La définition d’après l’Insee |