| Ecrit par Betty RUBY,
le 09-05-2006 22:00
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Le succès de l’humoriste Franck Dubosc pose un problème sociologique à Blanche. Pourquoi payer pour voir le personnage alors qu’on a tous le même à la maison ?
Le terrain de prédilection du Franck Dubosc est la chasse à la coquine. (Photo : AFP)
L’humoriste Franck Dubosc est partout : au ciné en maillot de bain dans Camping où il incarne Patrick Chirac, en spectacle en smocking où il joue Romantique depuis deux ans, à la télé où en jean yeux bleus, il est de toutes les émissions. Et à la maison aussi puisqu’on a tous un Franck Dubosc de service. Ça peut être le cousin Paul, le voisin Dédé, Serge le copain d’une copine, Alain à la compta ou M. Raymond le buraliste du coin. Parfois même le Franck Dubosc domestique s’agite sous les traits d’un père ou d’un mari…
Très content de lui, il répète encore et encore ses blagues à deux balles où toujours il a le beau rôle second degré, où il claque des cils pour appuyer son bon mot, où il joue en même temps d’une indécrottable suffisance mâtinée d’une modestie toute calculée pour attendrir les coquines. Car le terrain de prédilection du Franck Dubosc est la chasse à la coquine qu’il veut faire mourir de rire en lui claquant une bonne tape sur le derrière et en s’excusant aussitôt. "Pardon, ça m’a échappé" est la phrase qu’il préfère et qu’il profère, appuyée d’un rougissement aussi fugace que salace. Non, le Franck Dubosc n’est pas politiquement correct, et il s’en excuse à l’avance, mais "qu’est-ce que vous voulez hein, on ne se refait pas". L’humour à sa table Macho, flagorneur et dragueur impénitent, mais en tout bien tout honneur, con comme une valise, il rote et pète à l’envi parce qu’il trouve ça irrésistible. Il a tous les âges, tous les physiques, aucune catégorie socioprofessionnelle ne lui échappe, aucun loisir non plus, il est toujours le premier à servir un verre puisque, évidemment, il est aimable.
Il considère d’ailleurs comme un devoir civique de communiquer son éternelle jovialité qu’il entretient vaillamment jour après jour. A l’opposé, le Franck Dubosc n’existe pas en femme. Mais il a une réponse toute faite quand on lui demande pourquoi : les femmes n’ont pas l’intelligence requise pour atteindre un tel degré d’humour, assène-t-il en vrai roi de la rigolade. Le seul truc qui m’épate vraiment dans la Dubosquerie, c’est que des spectateurs payent pour aller voir le personnage. A croire qu’ils n’ont pas repérer leur propre Franck Dubosc portable. Blanche BAUDOUIN. (LPJ) 10 mai 2006
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