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POLLUTION - "Mesurer" plutôt que multiplier les "mesures" |
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jeudi 11 mai 2006 |
Santiago perd peu à peu son rang peu glorieux à la tête des villes les plus polluées du monde. Mais il reste cependant beaucoup à faire. La journée d'aujourd'hui est classée "preemergencia"; le sport est déconseillée et les voitures , même à pot catalytique, terminant par 5 ou 6, ne doivent pas circuler.
La cordillère pâlit au-dessus de Santiago, signe bien connu des Santiaguinais : l'air est pollué. C'est de saison, nous entrons dans la période critique de l'année côté air ambiant. Peu de vent, pas encore de pluie, toutes les particules polluantes, issues principalement des pots d'échappement, se retrouvent piégées au-dessus de la ville.
Mercredi dernier, jour classé "alerte", le journal El Mercurio rendait public un rapport du Consejo Asesor Académico de la Intendencia Metropolitana, selon lequel aucun plan anti-pollution ne peut être correctement mené à son terme, sans des instruments d'évaluation adéquat. L'institution préconise la création de stations de mesures de la qualité de l'air, dans les communes périphériques de Santiago, comme Puente Alto ou Maipù, ainsi que dans les grandes avenues où, selon les estimations, l'air serait un tiers de fois plus pollué que dans les sept points de mesure déjà existants, plus au centre. La ville s'étend L'urbanisation se développe particulièrement vers le sud et le sud-ouest de la ville, générant encore plus de déplacements, principales sources de pollution. Autre point qui, selon ce rapport, mérite l'attention des autorités : la pollution issue des chauffages domestiques, encore mal évaluée, semble-il. Toutefois, le plan de prévention et de lutte contre la pollution (PPDA) mis en place en 1997 et réactualisé en 2004 commence à porter ses fruits. La pollution, industrielle surtout, a été réduite de 30%. Ainsi, des alertes comme celle de mercredi, l'année 2005 n'en a connu que quatre, Et pour ce qui est du stade au-dessus, dit "preemergencia", que nous connaissons aujourd'hui, 2005 n'en n'a connu que deux, contre 37 en 1997.
D'après les pronostics météorologiques, l'hiver 2006 s'annonce sombre. Espèrons que ce premier épisode ne soit pas celui d'une longue série. Sophie ROUCHON. (LPJ - Santiago) 12 mai 2006 |